Second Tour

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15/20
Nom du groupe Zebda
Nom de l'album Second Tour
Type Album
Date de parution 23 Janvier 2012
Style MusicalRock Fusion
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1. Les Deux Écoles
2. Le Dimanche autour de l'Eglise
3. Un Je Ne Sais Quoi
4. Le Théorème du Châle
5. J'Suis Pas
6. Harragas (les Brûlés)
7. Tu Peux Toujours Courir
8. La Promesse Faite aux Mains
9. La Chance
10. Les Proverbes
11. Le Talent
12. La Correction

Chronique @ Sowilo

19 Décembre 2012

Un bon cru de Zebda, surtout pour un Zebda ressuscité.

Pour un très large public, Zebda, c’est surtout l’auteur du tube de l’été de 98, "Tomber la Chemise". Mais ceux qui, alors, c’était penché sur le groupe, avaient pu découvrir pourquoi Zebda est devenu un vrai emblème de la scène musicale toulousaine. En ce temps où il était possible de faire un tube de l’été avec une chanson qui a autre chose à dire que « oh que c’est bien de danser l’été », le groupe avait sorti un album qui frisait la perfection, qui résumait en une quinzaine de titres tout leur art et leur savoir faire. Le succès et la vie de groupe étant ce qu’elle est, Zebda nous avait quitté sur un « Utopie d’Occase » bien plus perfectible qui a bien faillit avoir leur peau. Mais des années après, expériences diverses, activisme musical et persévérances dans leurs idées ont fait leur travail sur les trois leaders de Zebda, et les voilà prêt a remettre le couvert pour un « Second Tour ».

Comme avec chaque retour de groupe talentueux, on se méfie des retrouvailles tardives. Le public évolue, la musique et ses artisans aussi. Mais, amoureux du message et de la musique de Zebda que nous sommes, nous ne demandons qu’à être convaincu par cette nouvelle offrande.

La diversité culturelle, c’est un maître mot pour les gars de Zebda, et leur musique ainsi que leurs textes n’en sont que de perpétuelles illustrations. Aucune crainte à avoir, tout ça n’a pas bougé d’un iota et n’a pas pris une ride. La musique est un melting-pot d’influences diverses, qui donne quelque chose de forcément très caractéristique du groupe. Il en devient presque difficile d’identifier exactement pourquoi on pense à du rock, a de la chanson française, a du raga, du hip hop ou à du raï. Qui d’autre arriverait à marier des guitares sèches et électriques, de l’accordéon, une batterie très éclectique, des instruments et percutions orientales, des cuivres, et même quelques samples, tout en restant très cohérent et efficace ?

On avait pu noter par le passé que les chansons plus posées pouvaient constituer des moments de faiblesses et plombaient certains de leurs albums, mais là encore le temps semble leur avoir indiqué la bonne formule. On aura du mal à dire que « Les Deux Ecoles », « Le Théorème du Châle » ou « Harragas » ne sont pas de bons moments du disque. La première en est même un excellent, dans une veine chanson française très travaillée, qui permet aux trois vocalistes de s’installer un après l’autre alors que la musique débute très acoustique pour prendre un envol plein de cuivres et d’accordéon chaleureux. Le refrain de cette chanson nous rappelle comment les trois voix savent bien s’accorder quand elles chantent simultanément. Les deux pistes suivantes réinstallent Zebda dans leur décor le plus connu, à savoir quelque chose de plus enjoué et dansant. On y rattachera « Les Proverbes », dans le même esprit tubesque de Zebda, comme avant. Impossible et inutile de lister tout ce que le disque propose comme petite trouvaille ou tentative, la musique est bossée, bossée, et encore bossée, pour être tout simplement riche et variée d’un bout à l’autre, du moins au regard du style pratiquée.

Les paroles reflète toujours leur ouverture d’esprit, et les réflexions autour du multi culturalisme, tout en rejetant extrémismes et intégrismes d’où qu’ils viennent. « Le dimanche Autour de l’Eglise » est une parfaite synthèse des idées développées ailleurs, certes souvent déjà abordées par le passé. On tiquera de temps en temps sur certaines rimes franchement foireuses (« C’est quoi ces filles qui se cachent, est-ce qu’elles jouent à cache-cache ? C’est l’été on dirait l’hivers, quelqu’un a dut dire sortez couvert.»), mais globalement Zebda garde son approche de la langue pleine de références, de petits jeux de mots et de double sens. De plus, mise à part une allusion moyennement fichue à Brice Hortefeux, ils ont su resté assez intemporels pour que l’album ne perde pas son sens une fois passé le contexte de 2012.

Ce Second Tour risque de ne pas vraiment élargir leur public, mais satisfera celui-ci, ce qui est déjà pas mal. Il n’égale pas le grand frère « Essence Ordinaire », mais est incontestablement un bon cru de Zebda, surtout pour un Zebda ressuscité. Quelques chansons un peu en retrait, moins percutantes, et des paroles parfois un peu bancales (pour du Zebda) sont les seules choses concrètement dommageables, mais qui n’empêchent pas de reconnaitre une fois de plus le talent de ce groupe français à l’ambiance unique et enthousiasmante.

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