Metamorphosis

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17/20
Nom du groupe JaCOB
Nom de l'album Metamorphosis
Type Album
Date de parution 21 Janvier 2022
Style MusicalBlues Rock
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Prayer
 02:48
2.
 I'm Coming for You
 03:10
3.
 Lonesome Bastard
 03:36
4.
 The Loser Song
 03:47
5.
 Son of a Bitch
 03:10
6.
 Rain
 05:30
7.
 John the Revelator
 05:03
8.
 Another Summer Day in France
 03:58
9.
 The Ballad of Black Bart
 03:33
10.
 In My Realm
 06:02

Durée totale : 40:37


Chronique @ JeanEdernDesecrator

30 Janvier 2022

Rock n' Folk n'Blues n'...

Entre folk, rock et blues, la carrière de Jaypee-Jaypar se signale par son amour des chemins de traverse. L'artiste défie les étiquettes, à cheval plusieurs genres : alors qu'il avait une culture metal à la base, il a changé de région en 2014, de Poitiers pour Lyon, et d'orientation musicale, en mélangeant folk, blues et rock. Trois albums sont sortis de cette exploration partant du chemin de la guitare sèche : "On My Way" (2015) et "Sinner" (2016) sous le nom de JP-JPR, et "Meet Me Again" en tant que Jaypee-Jaypar. Si jusque là, il a pris un malin plaisir à faire cavalier seul, dans tous les sens du terme, c'est en groupe qu'il a monté son nouveau projet. Répondant au nom de JaCOB (pour Jaypee and the Cannibal Orgasmic Band), le quintet est composé de Marie Caparros (violoncelle), Fred Brousse (harmonica, guitares), Rémi Dulaurier (batterie), Jean Joly (basse, contrebasse), et bien sur Jaypee-Jaypar au chant et aux guitares.

L'album "Metamorphosis" a été enregistré en avril 2021 au Studio Magneto (Lyon) par Frédéric Pellerin, a été masterisé au Texas, et sort enfin le 21 janvier 2022. La très belle pochette réalisée par un certain Mmmoaaa (ce n'est pas une boutade) laisserait augurer un rock prog sombre et complexe, et aurait même pu servir à un groupe metal. On se retrouve dans une ambiance carrément mystique dès le très beau morceau d'intro "Prayer" : sa dimension cinématographique et la largeur du spectre sonore immergent l'auditeur dans un monde hors de l'ordinaire.

On retrouve ici les principales caractéristiques de Jaypee-Jaypar : sa voix grave, profonde et volubile, ainsi que ses ingrédients musicaux favoris, une guitare sèche au premier plan, des accords blues, et une énergie rock communicative. En quelques mesures, l'ambiance de chaque morceau est posée, nostalgie acide, western spaghetti poussiéreux, nuit noire au coin du feu.
Le blues fournit la base mélodique des chansons : nerveux à la John Lee Hooker ("I'm Coming For You"), comme une ballade dépouillée où s'égare un harmonica rêveur ("Lonesome Bastard"), ou popisant avec ce refrain narquois sur "Another Summer Day in France".
La voix de Jaypee est incroyablement grave et sombre, se complaisant dans une fange délicieuse, entre Leonard Cohen ("The Loser Song"), Nick Cave, Matt Johnson (The The) ou dans un genre plus métallique Lo de Patron. Plus encore que dans son projet solo, il se permet cependant de monter dans les tours, en gueulant de manière cathartique (la fin débridée de "Son of A Bitch").
Le songwriter a une manière bien à lui de prendre son temps tout en faisant des morceaux concis. Trois minutes et quelque suffisent souvent pour dire tout ce qui amène le mot fin, mais quelques morceaux dépassent les cinq minutes : "Rain" et ses accents de Jimmy Page qui monte un escalier merveilleux, le grinçant et poisseux "John the Revelator", ou la très belle pièce en trois actes "In My Realm" qui termine l'album.

On sent une connivence instrumentale évidente entre les musiciens, et on imagine facilement assister à un concert du groupe. De plus, l'ajout d'instruments plus classiques comme le violoncelle, la contrebasse, l'harmonica apportent beaucoup de richesse et de finesse à la musique. Le virage rock pris sur cet album se matérialise par l'énergie impulsée par la section rythmique, et de la guitare électrique parfois saturée, mixée légèrement derrière les autres instruments, qui vient grossir le son ample et généreux de JaCOB. L'équilibre de la production est parfait, et ce n'était pas gagné d'avance, avec toutes les couches sonores qui se superposent ici, et les changements d'ambiance d'un morceau à l'autre.

Il va sans dire que le passage du format du One Man Band à celui du groupe est une réussite qui profite à chaque aspect de la musique de JaCOB, en la rendant plus profonde et variée. Après ça, il sera difficile de revenir en arrière en solo : le papillon a fait sa métamorphose.

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