Love Makes the World

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14/20
Nom du groupe Andrew Farriss
Nom de l'album Love Makes the World
Type EP
Date de parution 02 Octobre 2020
Labels BMG Records
Style MusicalCountry Rock
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Tears in the Rain
 03:27
2.
 My Brother
 03:08
3.
 Love Makes the World
 03:33
4.
 All the Stars Are Mine
 03:37
5.
 First Man on the Earth
 08:08

Durée totale : 21:53

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Andrew Farriss


Chronique @ JeanEdernDesecrator

03 Novembre 2020

Une ballade de la pop d'INXS à la Country de Nashville

INXS a été un des piliers de l'aussie rock dans les années 80, avec Midnight Oil et Jimmy Barnes. Le sextet du Queensland, avec son album "Kick" emmené par le charismatique frontman Michael Hutchence, était aussi soudé par les trois frères Farriss, Tim (Guitare), Jon (batterie), et Andrew (Guitare, claviers, choeurs). S'il se démarquait par sa discrétion, le plus souvent tout au fond à gauche, derrière ses claviers, Andrew était le principal compositeur du groupe, le plus souvent en duo avec Michael.
Après le décès brutal et mystérieux de Michael Hutchence dans une chambre d'hôtel en 1997, le groupe a survécu cahin-caha, essorant les chanteurs avant de péricliter définitivement en 2012.

Orphelin de son binôme de composition, Andrew Farriss a cependant sauté le pas pour démarrer une carrière solo. Sont sortis deux singles en 2019, "Come Midnight" et "Good Momma Bad", très différents du rock pop d'INXS, avec une influence très forte de musique américaine country et folk. Cependant, le songwriting d'Andrew est toujours aussi lumineux, et s'il n'a pas pour ambition de faire la rock star, ses idées sont toujours aussi accrocheuses.

Un album full length était à l'origine prévu pour 2020, mais comme 90% des artistes, il a changé ses plans pour s'adapter aux trous d'air du Covid, en reportant la sortie à 2021. C'est donc un projet d'EP qui devait suivre l'album qui se trouve avancé, sur lequel Andrew a travaillé pendant le confinement, qui vient de sortir le 2octobre 2020 chez BMG.

Celui-ci a été enregistré en partie dans son studio personnel, ainsi qu'à Nashville et à Londres. Andrew Farriss a pu compter sur de nombreux musiciens de la capitale de la Country, comme le joueur de banjo Larry Baird, avec lesquels il a pu enregistrer des instruments comme la mandoline et orgue, qui côtoient les classiques batterie, basse et guitares.

Connaissant le style Americana cowboy down-under adopté par Andrew, j'ai été un peu surpris par la pochette très "space", dans tous les sens du terme, qui illustre de manière un peu trop littérale son titre "Love Makes the World".

C'est heureusement la seule véritable faute de goût de ce disque, dont le contenu balance entre un classicisme folk country authentique et une pop rock moderne et ciselée avec soin. Le son est parfait, et fait honneur au rendu des nombreux instruments. La guitare est à l'honneur, avec des sons clairs, folk et crunch réglés aux petits oignons.

Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, le timbre de voix d'Andrew se rapproche de celui de Michael Hutchence, en plus chaleureux et droit, sans fioritures. Sa manière de chanter est très différente, posée et calme. Mais lorsqu'il monte en note ou en intensité, sa voix prend un caractère certain, qu'on aimerait entendre plus souvent.

Les thèmes abordés par les textes parlent des relations personnelles -il aborde la perte de Michael dans "My Brother", ainsi que la famille, l'universalité des sentiments, avec l'esprit positif qui le caractérise. Une gentillesse confondante qui malheureusement renforce le manque de relief de certains morceaux. "My Brother" et "Love Makes the World", ballades pop/country assez quelconques et linéaires malgré quelques choeurs féminins et des tonnes de bons sentiments, forment le ventre mou de l'EP. Il est fort possible que certains en décrochent à ce stade, et c'est bien dommage.
Le single "All the Stars are Mine", s'il navigue dans les mêmes eaux pop/country, est plus rythmé et son refrain ornementé de slide rentre dans la tête dès la première écoute.

Heureusement, il y a eu une prise de risque sur cet EP : on retrouve ainsi des influences plus expérimentales, carrément électroniques, sur la dernière piste de huit minutes "First Man on Earth", qui n'est pas sans faire écho à "Mediate", marquant instrumental planant qui figurait sur le "Kick" d'INXS. Il y a un contraste entre la froideur d'éléments rythmiques et synthétiques, entre Jean-Michel Jarre et Kraftwerk, et la chaleur du chant d'Andrew, et du solo de fin à la limite de l'improvisation Gilmourienne.
Son ambiance est plus sombre, ambivalente, torturée, et c'est ici que je ressens vraiment l'hommage à Michael Hutchence, avec cette errance qui se rapproche de ce qu'il faisait sur son projet solo MaxQ.

J'ai été un peu déçu par cet EP, un peu en retrait par rapport aux deux excellents singles si catchy sortis en 2019. Cependant, il reste le savoir faire intact d'Andrew Farriss en matière de composition, et une interprétation soignée accompagné de guests solides de Nashville. Le dernier morceau prouve aussi qu'Andrew Farriss est prêt à sortir des sentiers battus, et j'espère que l'album à venir verra un Andrew Farriss plus libéré et audacieux, quitte à explorer aussi sa part sombre.

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