Like Swimming

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18/20
Nom du groupe Morphine
Nom de l'album Like Swimming
Type Album
Date de parution 1997
Style MusicalJazz Rock
Membres possèdant cet album7

Tracklist

1. Lilah
2. Potion
3. I Know You (Part III)
4. Early to Bed
5. Wishing Well
6. Like Swimming
7. Murder for the Money
8. French Fries W/Pepper
9. Empty Box
10. Eleven O'Clock
11. Hanging on a Curtain
12. Swing It Low

Chronique @ DHT06

02 Décembre 2017

Morphine se maintient, comme toujours, à un très bon niveau

Les sonorités orientales de « Lilah », auxquelles se vouent les cordes, précèdent sur un mode lancinant le rythme, mouvementé sans être rapide, de « Potion », où le saxophone se tient encore en retrait. Cette sensation d’arrière-plan, en ce qui concerne le cuivre, se retrouve d’abord dans « I Know You (part 3) », mais une écoute plus attentive de cette continuité discographique (les deux premières parties d’ « I Know You » figurent sur « Good », le premier album du groupe) montre que le saxophone, s’il ne se lance pas encore dans des mélodies complexes à ce stade de l’album, est néanmoins bien présent. Par contre la voix semble légèrement sous-mixée, comme celle de quelqu’un qui chanterait sous la douche après avoir piqué une tête dans la piscine. « Early to Bed » comporte des allusions instrumentales à la soul et au vieux rhythm and blues, mises au goût du jour par des effets sonores.

C’est avec « Wishing Well » que le saxophone commence à s’exprimer pleinement ici, pour le bonheur des auditeurs qui attendent toujours le moment où l’influence jazz va surgir, telle un geyser, chez Morphine. Pendant ce temps, les sons de basse semblent décrire une ondulation quelque peu psychédélique, autre effet de la déformation aquatique supposée.
Lent et sombre comme l’avancée d’un crocodile ou d’un alligator dans les marécages du sud de la Floride, « Like Swimming » s’inspire du blues puis se rapproche graduellement du jazz.
« Murder for the Money » utilise, toujours via des effets sur les instruments, des timbres proches de ceux que l’on retrouve habituellement dans le hard rock, y compris au niveau du saxophone. Vive la distorsion, donc, qui montre que Morphine n’a jamais eu l’intention de renoncer à son mordant.
La lenteur de « French Fries with Pepper » s’inscrit également dans une logique d’alternance, au sein d’un album structurellement dominé par les variations opérées au niveau du tempo d’une chanson à l’autre, tout en comprenant aussi des variations de couleur et d’intensité. Outre ce constat d’ordre général, « French Fries with Pepper » met de nouveau, par intermittence, le saxophone à l’honneur, en complément d’un chant sous-mixé une fois encore. « Empty Box », également lent, restitue en revanche la voix dans toute sa puissance au niveau des parties chantées, avant que la parole, narrative, ne prenne momentanément le relais, dans un élan de dramatisation modérée.

La brutalité sonore d’ « Eleven O’Clock », plus appuyée que celle de « Murder for the Money », réveille le souvenir du Velvet Underground, autre preuve que le groupe, tout en restant fidèle à ses références, n’évolue pas vers l’assagissement. C’est sans doute l’une de leurs chansons les plus susceptibles de plaire aux amateurs de hard rock et de metal.
Si « Hanging on a Curtain », dépressif à souhait, privilégie le dialogue entre le chant principal et les chœurs sur fond de richesse instrumentale, « Swing It Low » adopte un ton grave et murmurant, aussi reposant que les percussions régulières. Avec « Like Swimming », Morphine (Mark Sandman, Dana Colley, Billy Conway) se maintient, comme toujours, à un très bon niveau, gardant le cap dans son exploration à la fois sobre et inspirée du champ des possibles.

D. H. T.

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