Fast Food

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Nom du groupe Nadine Shah
Nom de l'album Fast Food
Type Album
Date de parution Avril 2015
Labels pas de label connu
Style MusicalPop Rock
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1. Fast Food
2. Fool
3. Matador
4. Divided
5. Nothing Else to Do
6. Stealing Cars
7. Washed up
8. The Gin One
9. Big Hands
10. Living

Chronique @ JeanEdernDesecrator

02 Juillet 2017

Une belle qui sonne grave

En qualité d'intégriste du Metal, je me félicite de n'aprécier que des productions musicales à fort taux en guitares saturées, double grosse caisse, et hurlements divers. Mais, parfois la chair est faible, et un chant de sirène peut corrompre le fier Ulysse et altérer gravement son jugement et sa probité.
Ecouter moult albums de tous acabits et ciseler des chroniques musicales n'est pas une sinécure. C'est un sacerdoce de tous les instants qui demande tant de sacrifices... Croyez-vous qu'un professionnel de la diatribe puisse avoir une rombière à emmener en vacances avec une bande de chiards au mois d'aout ? Alors que se prépare la rentrée et sa cohorte de sorties d'albums Triple A (comme disent les radios de jeunes) ? Non !!!

Je me dois de vivre dans l'ascèse, qui protège le moine du metal des viscissitudes de la vie de couple. Je m'astreins donc à ne fréquenter la gent féminine que pour satisfaire mes bas instincts. Et jamais, au grand jamais, au delà du moment d'aller chercher des croissants en scooter ! Pour éviter tout risque de relation trop suivie, je prends garde à ne tomber amoureux que de muses inaccessibles : actrices oscarisées à forte poitrine, et autres chanteuses de stades de foot. La tranquilité d'esprit et l'indépendance du jugement sont à ce prix.

Si vous avez trouvé cette introduction trop lourde, c'est que vous êtes déjà sur l'Autoroute A7 à faire la queue au péage de Saint Arnould.
Lorsque j'ai vu le regard noir insondable de Nadine Shah et entendu son timbre rauque de chatte en chaleur mélancolique, j'ai senti mon petit cœur tout mou se liquéfier dans la fière armure qui me sert de thorax. Anglaise, née de mère norvégienne et de père pakistanais, ce bel assemblage de gènes à la bouche pulpeuse a aussi plus de charisme que toutes les apprenties brailleuses de The Voice réunies dans le monde. Et en voyant ses vidéos particulièrement soignées, on constate qu'elle fait montre d'une présence troublante devant la caméra. Sans avoir à se trémousser en montrant ses seins. Quoique, cela pourrait avoir un certain intérêt, purement...mmphhh, artistique. Je dis ça, je ne dis rien, Nadine, si tu m'entends.

Le premier album "Loving your drum and mad " (les anglophiles apprécieront le jeu de mots) avait reçu un joli succès critique, sans pour autant rencontrer un succès public. Je m'en fous personnellement, tant que je peux garder Nadine pour moi tout seul, et quelques initiés qui seront bien gentils d'attendre derrière moi. La belle y déployait des chansons tristes et touchantes laissant la part belle à de vrais instruments et un vrai groupe. Comme si une chanteuse de Fado avait viré à l'électrique. La teneur en rock et les touches dissonantes de certains morceaux me disent que les musiciens de Nadine n'écoutent pas que de la variet' de balloche. Ils seraient bien inspirés de ne pas toucher à Nadine, car c'est bien connu, il y a toujours un profiteur caché dans le groupe pour vouloir se coller la chanteuse sous le bras.

Après un tel coup d'essai, j'attendais fébrilement le deuxième opus. Il faut bien avouer que j'ai eu une petite déception, car il est tellement dans la lignée du premier qu'on pourrait croire que c'est la deuxième partie d'un double album. Des morceaux comme le lancinant "Fast Food", le tortueux "Fool", ou "washed up" auraient bien pu figurer sur le premier lp. D'ailleurs le morceau "Stealing Cars" n'est-il pas sorti en single entre les deux albums ? Même voix tour à tour suave, rauque et déchirée, qui joue aux montagnes russes avec vos sens. Mêmes instrumentations mêlant pianos et guitares, mêmes tempos lents, même mélanges de styles. Comme "Loving your...", mêmes morceaux un peu chiants et mous, sur presque une moitié d'album.

Fast Food est il inutile pour autant ? Non, bien sûr, car il recèle d'autant de pépites qu'on peut écouter un soir de spleen. On peut donc se faire sa petite compilation des meilleurs morceaux des deux mondes, ce qui donne un magnifique best of de Nadine Shah, ... euh... "Loving your Fast Food".

On peut aussi espérer que Nadine Shah saura se renouveler un peu, tant elle reste dans la veine mélancolique, triste, digne d'une bande son pour dépressifs. On doit pas rigoler tous les jours chez les Shah ! En attendant, je repars continuer à regarder en boucle les clips de Nadine dans ma chambre de bonne sous les toits. A vingt centimètres de l'écran.

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