Diamond Dogs

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16/20
Nom du groupe David Bowie
Nom de l'album Diamond Dogs
Type Album
Date de parution 24 Avril 1974
Labels RCA Records
Produit par David Bowie
Style MusicalGlam Rock
Membres possèdant cet album52

Tracklist

1. Future Legend 01:05
2. Diamond Dogs 05:56
3. Sweet Thing 03:39
4. Candidate 02:40
5. Sweet Thing (Reprise) 02:31
6. Rebel Rebel 04:30
7. Rock 'n' Roll with Me 04:00
8. We Are the Dead 04:58
9. 1984 03:27
10. Big Brother 03:21
11. Chant of the Ever Circling Skeletal Family 02:00
Total playing time 38:25

Chronique @ zvlorg

05 Novembre 2010
1973 est l’année qui symbolise le plus la grandeur et la décadence de Bowie. Il vient en effet de conquérir la planète rock avec ses 3 derniers albums, tous monumentaux et incontournables, mais sombre de plus en plus dans la drogue, une situation inconfortable quand on sait qu’il a la lourde tâche de passer après tant de chefs d’oeuvre. Même s’il n’est pas au mieux, il entame en 1974 un volte-face radical, d’abord en se séparant de ses Spiders From Mars, puis en élaborant un album concept plus étrange que d’habitude. Le résultat parait finalement sous le nom de Diamond Dogs, dont la pochette, assez difficile à regarder, en choquera plus d’un. Dans cet album, il met en scène les créatures illustrées sur la pochette dans un cadre inspiré du roman 1984 d’Orwell (initialement l’album devait être plus centré sur ce thème mais un problème de droit d’auteur l’en a empêché).

Musicalement, on ne peut pas dire que le début de l’album sonne la révolution, et ce n’est pas forcément un mal, le morceau-titre Diamond Dogs est un glam rock bondissant tout aussi efficace que ceux présents sur Aladdin Sane. Par la suite, Bowie entame un titre en 3 parties, Sweet Thing, Candidate et Sweet Thing (Reprise). Cet ambitieux triptyque commence de la meilleure des manières, la première partie fait penser à la pop décalée du morceau-titre d’Aladdin Sane, et en atteint les sommets. C’est par la suite que les choses se gâtent sérieusement, Candidate commence bien mais se perd dans un récit sans fin de textes assez difficiles à suivre, tandis que musicalement le thème se répète sans fin. Quant à la reprise de Sweet Thing, on aurait largement pu s’en passer, le thème précédent est de nouveau répété, avant une fin bruyante traversée par des sons aigus et sifflants, difficile d’y trouver un quelconque intérêt. Après ce morceau en 3 actes qui est parti de haut pour descendre très bas, Bowie n’arrange pas les choses avec un Rock 'n' Roll with Me mielleux et barbant, suivi d’un We Are the Dead décousu et chaotique, dans lequel surnage une mélodie pourtant extraordinaire, mais qui ne dure pas plus de 3 secondes après chaque couplet. Big Brother, plus loin, constitue un nouvel échec, malgré un refrain très bien réussi, le reste est totalement désorganisé et part dans tout les sens, Bowie devrait pourtant savoir depuis le temps qu’on ne fait pas un bon titre juste avec un refrain. Ces nombreux passages moyens, voire ratés, en côtoient pourtant d’autres vraiment réussis, à commencer par Rebel Rebel, devenu depuis un immense classique, et pour cause, le riff est hyper efficace, tandis que la voix de Bowie est en tout point irrésistible, avec un refrain au bord des larmes qui demeure parmi les meilleurs moments de sa carrière. Et puis si jusque là l’inspiration du roman d’Orwell n’a pas été très productive (sur We Are the Dead et Big Brother), il en est autrement pour 1984, dans une pop/soul assez commerciale, Bowie arrive à y briller grâce de nouveau à sa voix et à son sens de la mélodie hérité des albums précédents.

Massacré par la critique, Diamond Dogs alterne le très bon et le pire. On n’avait en effet jamais vu David Bowie se louper à ce point sur autant de titres, mais il se montre tellement brillant sur ceux qu’il réussit qu’on ne peut considérer cet album comme un ratage complet, loin de là. En tout cas, si l’excuse de la drogue parait un peu facile, il n’est probablement pas anodin de trouver autant de passages chaotiques, délirants et surtout totalement improductifs à cette période, sa grande créativité a forcément été perturbée par ses addictions, et il est déjà temps pour lui, après seulement 7 ans de carrière discographique, de se refaire une santé.

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GanejPammechery - 15 Juillet 2018:

Je ne suis pas de ceux qui veulent crier au chef-d'oeuvre incompris, car Diamond Dogs n'est pas un chef-d'oeuvre. Cela dit, avec 40 ans de recul et un peu de bonne foi, on se rend compte que c'était l'album nécessaire, après un tonique Aladdin Sane. J'irais même jusqu'à dire que Diamond Dogs est cohérent et réfléchi dans son bordel exubérant. C'est carrément l'album du refroidissement, de la désillusion post-glam. En ce sens, on peut entendre le titre ouverture, anthémique au possible, comme un long sarcasme. La triplette Sweet Thing/Candidate/Sweet Thing, aves ses crescendos et decrescendos poussifs, illustre parfaitement cet épuisement presque post-coïtal qui ne pouvait que décevoir ceux qui s'attendaient à un autre Ziggy Stardust. D'ailleurs, Bowie changera complétement de son, l'année d'après, avec un Young Americans inspiré de la soul et du funk américains.

Bref, si l'on considère que Diamond Dogs relate la mort d'une période musicale, on peut l'écouter comme l'album conceptuel qu'il est sans s'attarder sur le désiquilibre possible entre les chansons, d'autant que les dynamiques sont très clairement réfléchies, et qu'on ne peut véritablement apprécier, par exemple, la fadeur triste d'un Rock n Roll With Me qu'en l'écoutant tout de suite après un Rebel Rebel. Isoler les chansons me semble réducteur pour un album comme Diamond Dogs.

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