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Biographie : Iggy Pop

1963-1967 : Avant les Stooges

Avant de devenir leader de son propre groupe, James Osterberg a été batteur de 1963 à 1965 pour The Iguanas (où il héritera de son surnom d\'\"Iguane\", rapidement raccourci en \"Iggy\"), puis pour le groupe de blues The Prime Movers.


1967-1974 : The Stooges

C\'est avec les frères Ron et Scott Asheton que le jeune Iggy réalise un Big Bang musical, dès 1967. Fan des Rolling Stones (Keith Richards, son \"héros de toujours\" à qui il dédicacera son autobiographie \"I need more\"), de Frank Sinatra et des Doors, il ressort pourtant déçu d\'un concert des hommes de Jim Morrison : «Si les Doors sont capables de remplir des salles, on peut aussi le faire.» Il vient alors de fonder \"The Psychedelic Stooges\", et prend temporairement le pseudonyme Iggy Stooge.

Les concerts, effectués dans un premier temps dans des salles minuscules, produisent une forte impression sur le public qui n\'a jamais entendu une musique aussi brutale. Le son est dur et rappelle celui des garages de Detroit (la Motor City). Quand le groupe signe chez Elektra (le label des Doors et de Love), en 1968, il s\'appelle désormais simplement \"The Stooges\". Quant à l\'Iguane, il adopte définitivement son nouveau nom de scène : \"Iggy Pop\".

Sur scène Iggy, directement inspiré de Morrison, s\'exhibe nu, se lacère, s\'enduit de beurre de cacahuète, vomit sur son public. Il popularise un style à lui tout seul : le \"stage-diving\", ou \"slam\", qui consiste à se jeter dans le public et à le laisser porter par lui. Les plus belles prestations se terminent à l\'hôpital.

Drogues et conflits d\'intérêt auront une première fois raison du groupe. Ils ne le savent pas encore, mais «les compères» (puisqu\'ils se nomment ainsi), viennent de réaliser 2 albums parmi les plus influents de l\'histoire du rock (The Stooges, 1969, produit par John Cale, et Fun House, 1970, produit par Don Galluci).

David Bowie, lui, l\'a compris, et remet en 1972 Iggy (qui souffre alors d\'une solide dépendance à l\'héroïne) et le groupe sur pied. Iggy refuse que Bowie produise leur nouvel album, mais celui-ci en mixera pourtant les bandes. Le disque s\'intitule Raw Power (1973). James Williamson rejoint la formation, à la guitare, reléguant Ron Asheton à la basse. Celui-ci fulmine, et restera toujours persuadé que James Williamson a eu une influence terriblement néfaste sur Iggy et sur le groupe.

L\'album reçoit un accueil contrasté, certains le considérant comme le meilleur album des Stooges, tandis que d\'autres se font un devoir de le détester, jugeant l\'influence de Bowie sur le mixage trop envahissante. L\'album sera d\'ailleurs réédité en 1997, totalement remixé par Iggy.

Le groupe se déchire à nouveau de l\'intérieur, les frères Asheton en particulier supportant mal qu\'Iggy, consciemment ou pas, les délaisse pour James Williamson et tire la couverture à lui, au point de changer le nom du groupe (\"Iggy And The Stooges\") et de figurer seul sur la pochette de l\'album. Avant d\'avoir eu le temps de terminer un quatrième album (dont les démos sortiront plus tard sous le nom de Open Up and Bleed), le groupe se sépare à nouveau. Le dernier concert des Stooges sera fixé sur le disque, Metallic K.O., complètement inaudible et pourtant parfois considéré comme un mètre-étalon en la matière. Iggy Pop y apparaît lessivé, voire dépassé, tandis que des canettes de bières lancées par des bikers en colère s\'explosent sur la scène et les instruments.


1974-2003 : Iggy en solo

La suite est moins glorieuse. Iggy continue seul sa route, s\'enfonce davantage dans la drogue, tente de s\'improviser chanteur pour l\'ex-Doors Ray Manzarek, vit dans la rue, se réveille dans son vomi, se mutile sur scène lors de performances artistiques extrêmes, perd ses dents dans une lutte avec des surfeurs, et enregistre, avec l\'ex-Stooges James Williamson, un album (Kill City, 1976) qui sera refusé par toutes les maisons de disques. La déchéance est proche, et Iggy et Bowie, pour échapper à la vie de rockstar et à leur addiction à la cocaïne, s\'échappent vers le Vieux Continent.

La complicité artistique entre ces deux garçons aux styles radicalement différents s\'y développe. Entre Paris et Berlin, l\'iguane et le caméléon composent, dans une transe accentuée par une nutrition à l\'héroïne et aux saucisses. De leur travail naissent les deux premiers véritables albums solo d\'Iggy Pop, The Idiot, puis Lust For Life, tous deux sortis en 1977. Avec ces deux albums et Kill City qui sort enfin (à mettre en parallèle avec la \"trilogie berlinoise\" de Bowie), Iggy Pop renoue enfin avec le succès.

Abandonné un moment par David Bowie, Iggy voit ensuite son nouveau succès décroître rapidement. Il se rapproche à nouveau de James Williamson, rangé des guitares et de la défonce, et devenu producteur. Avec un son new wave, il compose trois albums où il revient à un style de musique beaucoup plus violent : New Values (1979), Soldier (1980) et Party (1981). Devant l\'échec commercial de ces albums qui,malgré le controle artistique de la société de production, sont bien trop à part par rapport aux gouts musicaux des consommateurs de l\' époque, Iggy décide que son album suivant se fichera complètement des desiderata des maisons de disques : s\'ensuit Zombie Birdhouse (1982), relative réussite artistique mais, une fois de plus, cuisant échec commercial.

La renaissance sera pour la troisième fois rendue possible par son vieil ami David Bowie. Au sommet de sa gloire au début des années 80, celui-ci reprend sur ses albums quelques morceaux coécrits avec Iggy en 1977. Iggy touche du coup des tonnes de royalties, et, pour la première fois de sa vie, peut rembourser ses dettes. Enfin serein, Iggy décide de se poser, d\'arrêter définitivement les excès, et de tenter de réaliser des albums plus ambitieux. Bowie le soutient et lui donne quelques coups de main pour la conception de son nouvel album, Blah Blah Blah (1986), qui se frotte avec succès au rock FM avec notamment la reprise de Real Wild Child. Le morceau deviendra d\'ailleurs le premier tube de sa carrière.

Le succès se confirme à la fin des années 1980 avec Instinct (1988), album de hard rock mélancolique sans concessions , et dans les années 1990 avec le très commercial Brick By Brick (1990). Alors que celui-ci est enfin unanimement reconnu par les rock-critics, les musiciens grunge ne tardent pas à se revendiquer de l\'héritage d\'Iggy. Cette nouvelle vague musicale, Sonic Youth, Mudhoney et Nirvana en tête, lui donnent d\'ailleurs l\'envie de s\'offrir une petite cure de jouvence, dont il ne semble pas encore revenu aujourd\'hui. L\'Iguane réunit autour de lui un nouveau groupe de jeunots, The Trolls, musiciens moyens mais fans enthousiastes du Maître, qui connaissent le répertoire des Stooges sur le bout des doigts.

On notera ensuite dans cette décennie le très ambitieux (et long) American Caesar (1993), le punk californien Naughty Little Doggie (1995), l\'intimiste Avenue B. (1999) sur lequel Iggy exerce ses talents de crooner, et Beat Em Up (2001), un album résolument metal, probablement le plus radical (le plus opportuniste diront certains) de l\'artiste.

2003-? : La reformation

En 2002, il renoue les liens avec les frères Asheton et le saxophoniste Steven Mackay, à l\'occasion de quelques concerts et de l\'enregistrement de quatre chansons sur son dernier album en date avec les Trolls, Skull Ring (2003). Près de 30 ans après, les Stooges sont donc à nouveau réuni avec leur line-up originel (le bassiste Dave Alexander, décédé en 1975, est néanmoins remplacé par Mike Watt), et se lancent à l\'assaut des scènes du monde entier, sous le nom de \"Iggy And The Stooges\".

En 2005 sortent d\'ailleurs simultanément Telluric Chaos, un concert capté le 22 mars 2004 au Shibuya Axe, à Tokyo, et A Million In Prizes, un triple best-of compilant tous les plus grands succès de l\'Iguane en solo et avec les Stooges. Un DVD d\'une performance live des Stooges, Live in Detroit, voit également le jour. Iggy Pop apparaît même dans un spot de pub pour SFR, chantant la chanson des Stooges \"I Wanna Be Your Dog\".

Début octobre 2006, les Stooges nouveaux entrent en studio en Floride avec le producteur Steve Albini pour donner un petit frère à leur précédent disque, Raw Power. L\'album, The Weirdness, sort en mars 2007, et permet au groupe d\'entamer une véritable tournée mondiale.

Le 15 Septembre 2007 : Iggy Pop et les Stooges se produisent en France à la Fête de l\'Humanité.

Source : Wikipédia