Un nouvel album d'un groupe légendaire comme Yes est toujours un évènement, surtout après une absence de sept ans et un line-up qui se cherche depuis longtemps. Bien entendu, écrire une chronique cinq ans après la sortie de cet album permet de prendre un peu de recul. A sa sortie, en 2021,
The Quest a reçu un accueil particulièrement mitigé (si pas sévère) de la part des critiques au point de me détourner de l'achat de cette vingt-deuxième production de ce groupe précurseur du rock progressif. Mais bon, au hasard d'une brocante, j'ai finalement décidé de l'acheter.
Le visuel du disque reprend tout les codes qui ont fait le succès du groupe. On est donc en terrain connu et de toute évidence, Yes ne cherche pas à innover avec
The Quest. Au contraire, les morceaux se succèdent dans un équilibre plutôt réussi.
Steve Howe nous prouve encore une fois que son jeu de guitare unique est bien vivant. La basse de Billy Sherwood s'impose élégamment sans chercher à copier
Chris Squire et sa complicité avec les autres musiciens, en particulier avec
Alan White, est épatante, comme sur le final de Leave me Alone ou l'intro de Minus The
Man. Par contre, on a connu Geoff Downes plus inspiré et plus inventif même si son travail sur l'album est de bonne qualité.
Et puis, il y a la voix de Jon Davison. S'il a un talent incontestable et maîtrise son sujet, j'aurai aimé l'entendre dans un registre un peu plus personnel que son imitation de la voix, du style, du placement harmonique et des intonations de
Jon Anderson, surtout pour un travail de création en studio.
Côté composition, la recette semble un peu éculée et elle pêche parfois à convaincre, ce qui pose évidemment la question de l'intérêt de cet album. En effet, tout au long de sa longue carrière, Yes nous a habitué à voyager dans des univers en constante évolution rythmique et harmonique. Pour les puristes et fans de longue date, je comprends que la prévisibilité, le manque de prise de risque et le côté easy-listening de
The Quest risquent de décevoir malgré la qualité incroyable des musiciens de Yes. L'intérêt se trouve donc ailleurs.
Personnellement, je trouve que les huit titres de
The Quest sont assez homogènes et ils se laissent écouter comme une suite logique élégante, maîtrisée et légère. En conclusion,
The Quest mérite qu'on lui donne sa chance car, si on est loin des perles du groupe, Yes nous propose ici un album très honnête.
Par contre, oubliez vite les trois titres bonus du second disque ! Cet incompréhensible rajout décrédibilise les bonnes intentions affichées sur le premier disque. Une pop sirupeuse et inutile.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire