Superfiz

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
pas de note
Nom du groupe Superfiz
Nom de l'album Superfiz
Type Album
Date de parution 16 Mai 2011
Style MusicalHard-Rock
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1. Le Long des Villes
2. Sex and Love
3. Démocratique Dictature
4. Je Ne T'Appartiens Pas
5. Tu Rêves Toujours du Rif
6. Le Monde Encore
7. Glisser en Toi
8. Le Vent du Soir
9. Bad Trid
10. Ta Voix Tombe dans le Silence
11. La Fin du Monde
12. Le Même Prix
13. Rien à Perdre
14. Living

Acheter cet album

 buy  76,14 €  73,80 €  £58.00  buy  73,99 €  74,99 €
Spirit of Rock est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Superfiz


Chronique @ ZazPanzer

26 Août 2016

Cergy Rock City

Loin, très loin des trendy Hellfests et autres parcs d’attractions sans âme dans lesquels notre Musique est vendue et sacrifiée aux touristes qui la consomment tels Papy-Mamie enchaînant les rayons du Leclerc le samedi après-midi, se cachent encore dans ce bas monde quelques clubs où vit le vrai Rock’n’Roll, celui de la Passion, des cachets de misère et des jobs de jour, celui pour lequel nous avalons du bitume sans compter, sachant qu’au bout de la route nous attend l’ultime récompense : cette étincelle dans les yeux qui nous permet le lendemain de nous sentir un peu vivant quand, après quelques heures de sommeil, nous retrouvons au taff les cadavres en pilotage automatique qui peuplent notre quotidien.

Pierre Benvenuti les connaît bien, ces clubs; lui qui depuis vingt-cinq ans donne de la voix partout dans l’Hexagone au sein de groupes divers et variés, se tissant une carrière de l’ombre assez unique, quelque part entre Hard Rock et Variété. Hardos de cœur, ayant biberonné puis imité les augustes Jim Morrison, Bon Scott, Paul Di’Anno, Joe Cocker, Iggy Pop, Lemmy Kilmister ou Ricky Warwick durant son adolescence, Pierre n’a cependant jamais hésité à franchir les frontières du Rock, que ce soit par goût personnel (Lavilliers, Gainsbourg) ou peut-être pour bouffer, puisque rappelons-le, nous sommes en France, et que la plupart des rocknrollers devenus intermittents n’ont d’autre choix que de jouer dans des orchestres de baluche pour pouvoir poser le pain et le pinard sur la table le soir… C’est ainsi qu’après dix ans de gigs Metal et Blues Rock (1992-2001) dans les rades évoqués plus haut, Pierre est repéré et engagé par… Richard Cocciante et Luc Plamondon pour remplacer Garou dans la comédie musicale «Notre Dame de Paris» ! Il y interprète Quasimodo sous le pseudo Adrian Devil de Septembre 2001 à Décembre 2002 et tente dans la foulée de surfer sur ce succès en sortant deux albums de variétoche (2004 et 2007). Coups d’épée dans l’eau : les disques restent anonymes et, avis aux collectionneurs, sont d’ailleurs particulièrement compliqués à se procurer aujourd’hui.

L’année suivante, Pierre rencontre Olivier Spitzer, guitariste hyperactif dans le milieu du Hard depuis le début des 80s : rappelez-vous de Stators à l’affiche du mythique France Festival de Juillet 1985 à Choisy Le Roy ou encore en guest de Quiet Riot le 9 mars 1984 à l’Eldorado... Olivier est depuis surtout connu pour son implication dans Satan Jokers et Furious Zoo, mais il a entre temps multiplié les collaborations avec des pointures telles que Patrick Rondat, Pascal Mulot, Christian Namour (RIP), Zouille, ou d’autres musiciens de Little Bob, Paul Personne, Attentat Rock, Face To Face et j’en passe… Pour la faire courte, tout le gratin de la scène parisienne figure dans le carnet d’adresses de Spitzer… Il passe donc quelques coups de fil auxquels répondent rien de moins que Phil Kalfon (guitariste de Shakin’ Street), Noël Assolo (bassiste des Rita Mitsouko) et Gérald Manceau, batteur de Warning (puis entre autres de Goldman et des Rita). Nous sommes en 2008, Superfiz est né et, sur le papier au moins, ça ne plaisante pas.

Deux ans durant, Superfiz compose, tourne, et c’est seulement en 2010, projets parallèles obligent, que les cinq musiciens s’installent au studio d’Olivier (SBC Production) pour y mettre en boîte leur premier album. La section rythmique a évolué depuis le line-up de départ : c’est désormais Aurel (Zuul FX, Satan Jokers) qui remplace Gérald derrière le kit et Didier Duboscq qui fait vrombir la basse, mais Manceau et Assolo ayant joué les morceaux pendant deux piges, ils sont rappelés pour l’enregistrement. Comme tous les disques réalisés par Spitzer, il est mixé aux studios Any Music en Eure-et-Loir, et c’est en Mai 2011 que l’album éponyme "Superfiz" arrive finalement «dans les bacs» si l’on peut encore se permettre d’employer cette expression hélas totalement obsolète.

Ce qui marque dès les premières écoutes, c’est la fusion étonnante mais parfaitement réussie de deux univers bien distincts : celui d’Olive, résolument Metal, caractérisé par le son de guitare ultra-moderne qu’on retrouve sur la plupart des projets auxquels il collabore; et celui de Pierre, chaleureux, posé, serein, marqué par sa voix grave, rocailleuse et puissante, parfois très proche de celle de notre Johnny national… La collaboration Benvenuti / Spitzer évite donc l’écueil de l’album-générique-sympa-mais-inutile pour créer une bulle inédite, un monde différent, qui ne plaira pas forcément à tous mais qui a en tous cas le mérite de ne pas tomber dans la facilité.

L’opus regorge en effet de titres taillés sur mesure pour les metalheads tels «Glisser En Toi» ou «La Fin Du Monde» qui tabassent sans se poser de questions; mais on y trouve également des morceaux beaucoup plus légers comme «Je Ne T’appartiens Pas» au côté Téléphone très prononcé ou «Le Vent Du Soir», pub-song entêtante sur lequel plane l’ombre de Noir Dez’... Quant à la classique mais efficace power-ballad «Ta Voix Tombe Dans Le Silence», elle pourrait, avouons-le, arracher sans effort une demie-molle à tout fan d’Hallyday qui se respecte.

Si l’on peut facilement deviner qui de Spitzer ou de Benvenuti s’est «imposé» sur les compositions précitées, certains titres se singularisent en évitant cette dichotomie, et excellent véritablement dans une quasi-communion des deux identités. Ainsi, les magnifiques «Tu Rêves Toujours Du Rif» ou «Le Même Prix» titillent sur les couplets ton côté sensible pour mieux t’écraser la gueule façon Spitzer à grands coups de basse et de refrains martelés : certainement les must-listen de l’opus avec l’impitoyable opener «Le Long Des Villes» et l’hypnotique «Démocratique Dictature» conduite par un riff lancinant sur fond de texte désabusé.

Incontestable réussite donc que ce "Superfiz", duquel les deux derniers titres seulement auraient à mon humble avis pu sauter. Si je suis peut-être sévère avec «Rien à Perdre» à qui je ne reproche finalement que sa transparence face au reste de l’album, «Living» est sans conteste la boulette qui fait trébucher le sprinter victorieux à quelques mètres de la ligne d’arrivée, la gnôle indigeste servie en fin d’un repas de fête ! Merde, pourquoi un titre en anglais, faiblard de surcroit, alors que malgré des compositions disparates, l’opus réussissait le tour de force de rester parfaitement homogène, et même mieux de construire un microcosme particulièrement original ? Ce «Living» fait tâche et ne clôture pas le disque comme il aurait mérité de l’être ; dommage !

Puisqu’on a ouvert le cahier de doléances, malgré le talent indéniable de Gérald Manceau et de son remplaçant Aurel qui font parfaitement le job, certains passages manquent à mon sens de groove, la dark-side de Spitzer, mécanique, carrée, Metal, ayant pris le dessus sur la chaleur inhérente au style Benvenuti. Un parti-pris intéressant comme l’illustrent les in-your-face «Le Monde Encore» et «Bad Trip» mais qui ne met pas forcément en valeur tout le feeling et la profondeur émanant de l’organe vocal de Pierre. Est-ce pour cette raison que Superfiz décida fin 2012 de se scinder en deux entités (pure supposition de ma part) ?

On retrouve aujourd’hui en effet ces musiciens dans deux combos différents. Dans Temple Of Silence (Spitzer + Kalfon + Dubosq + Aurel, tous les quatre ex-Superfiz, accompagnés du chanteur Laul Nico), le côté Metal Indus de Superfiz est démultiplié et poussé à son paroxysme. Dans Benvenuti (le groupe), composé de Pierre Benvenuti au chant, des fidèles Spitzer et Kalfon aux guitares, de Sébastien Bonnet à la basse (lui-même ex-Temple Of Silence si vous suivez…) et de Keuj (Watcha) à la batterie, c’est Pierre qui est aux commandes. Il reprend en live le répertoire de Superfiz tout en continuant de développer son Hard-Heavy teinté de variété, peut-être en accentuant ce côté plus soft, moins Metal qui le caractérise. Benvenuti devrait sortir en Septembre son premier album, successeur de Superfiz donc, sur lequel un certain Nono est d’ailleurs venu poser quelques soli… Nous sommes quelques-uns à attendre ce nouvel opus avec impatience, ayant déjà pu en écouter plusieurs extraits en live dont l’a-priori magnifique «On Roulera Vers le Nord»…

En attendant la release-party, Pierre continue à cumuler les dates dans les clubs que nous chérissons tant, au sein de son orchestre Pop/Rock/Variété Manec ou dans différents Tribute-bands (In-Trust et Waiting For The Doors) - je vous laisse deviner à qui ils rendent hommage - … Tout comme les enragés d’Hellectrokuters, les sleazy kids de Sweet Needles, les sexy girls d’Eden Pill et tant d’autres acteurs de notre scène nationale (bien vivante contrairement à ce que certains pensent), Pierre ne connaîtra jamais ni la fortune, ni les spotlights de Clisson, mais il peut en tous cas compter sur la reconnaissance et l’admiration de quelques âmes dévouées au Rock’N’Roll (maigre consolation, je vous l’accorde), âmes qui tendent d’ailleurs bien haut leurs majeurs bagués en direction des Ferrari du PDG Ben Barbaud ou du putain de Fall Of Summer et trinquent à la gloire éternelle du Pacific Rock, du Covent Garden, du Forum, de cette formidable scène du 95, mais aussi de celles du 85, du 72, du 51 ou du 64… Que vivent encore longtemps dans l’ombre du fric nos groupes underground, nos petites associations, nos fanzines et nos lieux de perdition authentiques !

2 Commentaires

7 J'aime

Partager
largod - 01 Septembre 2016: Magnifique papier Jocelyn. Quelle voix ce Pierre ! Et l'osmose avec Spitzer détonne grave. Belle découverte. Une de plus...
Merci à toi,
adrien86fr - 02 Septembre 2016: Dieu reconnaîtra les siens. Mille mercis Zaz pour cette remise des pendules à l'heure. Et que le Pacific reste notre repaire ;)
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Autres productions de Superfiz