Neighborhoods

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15/20
Nom du groupe Blink 182
Nom de l'album Neighborhoods
Type Album
Date de parution 27 Septembre 2011
Labels Geffen
Style MusicalPunk-Rock
Membres possèdant cet album38

Tracklist

1.
 Ghost On the Dance Floor
 04:18
2.
 Natives
 03:55
3.
 Up All Night
 03:20
4.
 After Midnight
 03:26
5.
 Heart's All Gone
 03:16
6.
 Wishing Well
 03:20
7.
 Kaleidoscope
 03:53
8.
 This Is Home
 02:47
9.
 MH 4.18.2011
 03:27
10.
 Love Is Dangerous
 04:28

Bonus
11.
 Snake Charmer
 04:26
12.
 Heart's All Gone (Interlude)
 02:02
13.
 Fighting the Gravity
 03:42
14.
 Even If She Falls
 03:00

Durée totale : 49:20


Chronique @ Jahshaka

21 Novembre 2016

Blink est passé de l'adolescent rebelle au jeune adulte troublé...

L'album dont on va parler aujourd'hui est une des œuvres les plus intéressantes que Blink-182 nous ait amené. Et quand je dis "intéressant", c'est aussi bien dans la musique proposée que dans le contexte où cet album a été produit. Penchons-nous un peu sur ce Neighborhoods, sixième album de Blink-182, sorti en 2011.

On va d'abord parler de la musique en elle-même, car après tout, c'est ce qui nous intéresse le plus. D'après une interview de Travis Barker parue sur spin.com, Tom DeLonge voulait que cet album sonne comme du Coldplay ou du U2. Et le résultat final, ça donne quoi ? Eh bien je vous rassure, ça reste du Blink. Enfin...en très différent quand même.

Le groupe s'est assagi. Les guitares ont baissé d'un ton, on commence à entendre des synthés (Ghost On The Dancefloor), des effets de voix style vocoder (Love is Dangerous, mais je vous rassure ça reste soft), le chant est plus posé, la batterie est plus régulière, on retrouver même des influences de Boxcar Racer (Ghost On The Dancefloor, qui sonne comme There Is)... Blink est toujours aussi rapide, et le groupe a gardé sa façon de toujours utiliser les mêmes accords avec suffisamment de créativité pour en faire quelque chose de nouveau, mais la mentalité n'est plus la même. La démarche ce n'est plus "on est jeune, on fait les cons" mais "j'ai mûri, je me remets en question".

Maintenant, Blink parle de mort, de solitude, de souffrance. Quelques citations en vrac : "I'm just a waste of your time, maybe I'm better off dead [...] We'll have the time of our lives although we're dying inside" (Natives) ; "And everyone lives to tell the tale of how we die alone some day" (Up All Night) ; "A bit of pain will help you suffer when you're hurt, for real" (After Midnight)... Bien sûr, c'est pas la première fois que Blink aborde des sujets sérieux (Adam's Song, Not Now, I Miss You, et dans une moindre mesure What Went Wrong, Stay Together for the Kids, Story of A Lonely Guy). Mais l'album entier est dans cet esprit, et quand on a connu le Blink d'Enema of the State ou Take Off Your Pants & Jacket, ça surprend.

Et là, je vous arrête tout de suite ! Je m'exprime comme si la musique de Blink avait baissé en qualité, et que les gars étaient moins inspirés, mais ce n'est pas le cas du tout. Ce que le groupe a perdu en excentricité, ils l'ont gagné en profondeur, en intelligence dans l'écriture et dans la composition. Cet ambiance mélancolique n'a pas altéré la qualité de la musique du groupe, c'est juste une approche différente, un nouvel état d'esprit. Et quand on sait dans quelles circonstances cet album a été réalisé, on se rend compte que le résultat final est tout sauf une surprise.

Neighborhoods, c'est la sortie au bout du tunnel, c'est le bilan de huit années mouvementées voire chaotiques pour le groupe. En 2005, Blink-182 se met en pause, à cause de tensions entre les membres, en particulier envers Tom DeLonge. Chacun va alors faire son petit bout de chemin de son coté : DeLonge participera au supergroupe Angels and Airwaves, pendant que Hoppus et Barker fonderont +44 (notez d'ailleurs comme le style de ces groupes a eu une petite influence sur Neighborhoods).

C'est un évènement tragique qui va motiver les californiens à mettre leur rancœur de coté, et à renouer le dialogue : en 2008, un accident d'avion a failli coûter la vie à Travis Barker. Peu de temps après, le groupe repart en studio, et commence à bosser sur Neighborhoods, en s'inspirant de leurs expériences personnelles. Seulement le bordel ne s'arrête pas là : Jerry Finn, le producteur et ami du groupe, meurt en 2008 ; Barker apprend la mort de DJ AM, un ami avec qui il avait mené le projet TRV$DJAM ; et DeLonge est diagnostiqué avec un cancer de la peau (guéri depuis). De plus, la sortie de l'album est repoussée à de nombreuses reprises, le groupe ayant choisi d'enregistrer l'album séparément, et morceaux par morceaux, plutôt que de tous se réunir dans le même studio (à cause d'un emploi du temps chargé). Ajoutez à cela des tensions avec DeLonge qui renaissent...et vous obtenez une gestation bordélique.

Tout ça aboutit donc à ce Neighborhood, un opus plus sérieux, qui garde la patte de Blink, mais qui est aussi profondément marqué par la vie personnelle de chacun des musiciens. C'est assez amusant comme, dans sa démarche, il est comparable à Pinkerton de Weezer : plus intime, plus marqué par la vie de ses auteurs, comme un OVNI dans la discographie du groupe. Avec cet album, Blink est passé de l'adolescent rebelle au jeune adulte troublé.

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