Plume Latraverse : Chansons pour Toutes Sortes de Monde

Folk Rock / Canada
(1990 - Disques Dragon)
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Las palabras

1. IN VITRO

Mon dépanneur me suplie
Sachant qu'j'suis un bon garçon
De faire quelque chose pour lui
Et d'écrire une chanson

Qui pourrait bien inciter
Les gens du gouvernement
À offrir une cage vitrée
Aux petits commerçants

C'est déjà assez dur
D'être un immigrant
Faudrait un métier sûr
Pour si peu d'argent

Depuis qu'les p'tits voleurs
N'attaquent plus les banques
Ce sont les dépanneurs
Qui tremblent dans leur planque

Voilà donc pourquoi je chante
Voilà mon utilité
Que ma chanson soit vivante
Au point d'être écoutée

Par un joyeux fonctionnaire
Qui serait si haut placé
Qu'il trouv'rait quèqu'chose à faire
Avec cette bonne idée

C'est déjà assez Christ
D'être un créateur
De vivre sa vie d'artiste
Comme un dépanneur

D'être son propre patron
Et d'inventer sa job
D'être crucifié dans son
P'tit maudit garde-robe

Certains jours, l'inspiration
A besoin pour s'envoler
Tout comme l'imagination
De services échangés

Du plus profond de mon cœur
L'oiseau dans sa cage vitrée
Remercie mon dépanneur
De l'avoir dépanné


2. LE RETOUR D'HECTOR

Quand oncle Hector est revenu d'Acapulco
Avec tous ses bagages et son grand sombrero
Et le docteur Firpo, et ma tante Isabelle
On est allés les accueillir à Mirabel

On s'est installés tous derrière la baie vitrée
D'où on peut voir les passagers faire leur entrée
Tout bronzés et le regard fier
Malgré l' vingt heures de r'tard de Nationair

Mon oncle Hector a été chercher ses valises
On est tout' descendus pour y faire une surprise
Y dire qu'un brunch avait été organisé
Tout simplement dans le but d'fêter son arrivée

Malgré la fatigue, notre brave mon oncle Hector
A ben voulu dire oui pis faire un p'tit effort
Pour v'nir boire en notre compagnie
En ce glorieux dimanche après-midi

On est partis dans van du cousin Bovila
En vidant une belle grosse bouteille de Téquila
En chantant la bamba encore d'plus en plus fort
Tout ça pour faire plaisir à notre mon oncle Hector

Quand on est arrivés chez la cousine Mireille
Y avait une table dressée, avec des belles bouteilles
On s'est tassés le long des tables
Pis on n'a fait pareil comme d'une étable...

On n'était pas encore rendu à la salade
V'là la cousine Réna qui s'sent un peu malade
Enceinte depuis trois s'maines et d'mie
A pas supporté d'voir le salami

À fin du lunch tout le monde était un p'tit peu soûl
Mon oncle Hector se sacrait du poulet partout
Et l'atmosphère dev'nait de plus en plus champêtre
L'docteur Firpo pitcha son dentier par la f'nêtre

Au son des douces chanson des mariachis
Mon oncle parla longu'ment des coutumes du pays
D'vol de sacoche, de turista
Y a vraiment de quoi bronzer avec ça

On n'était pas tout à fait rendu au dessert
V'là ma tante Isabelle qui allume comme un feu vert
Elle qui filait mieux, vers la fin du vol
Pendant deux s'maines avait fait le voyage s'a bol

Moi, je voyais tout ça d'un œil très extérieur
C'était ben exotique: du Sud à son meilleur
Et assis au millieu d'tout ça
Y avait un nègre... Quessé qu'y faisait là?


3. DIVINETTE

Qui c’qui tire sur la couvertte tout l’temps?
C’est le grand gnan-gnan
Qui c’qui fait peur avec ses grandes dents?
C’est le grand gnan-gnan

Qui fait l’Jacques tout en ce pavanant,
Qui f’rait mieux d’se taire pendant 400 ans?
Qui c’qu’on peu pu blairer dans l’écran?
C’est le grand gnan-gnan

Le dimanche en soirée on dé-branche la t.v.

Qui c’qui pose qui est tell’ment pédant?
C’est le grand gnan-gnan
Qui c’qui est frais chier comme un Don Juan?
C’est le grand gnan-gnan

Qui c’qu’on voit depuis ben trop longtemps,
Qu’on oublient qu’yavait d’ja du talent?
Qui c’qui fait qu’s’en en devient genant?
C’est le grang gnan-gnan

Le di-manche en soirée on dé-branche la t.v.

Le public à défaut de changement
Est moins exigeant
Il se maintient dans la platitude
Par simple habitude

Comme les circuits d’la télévision
C’est rien qu’une affaire de connections
On fini toujours par voir les mêmes
Saintes faces de carême

Y’aura-t-il un jour dans ce pays
De plus en plus p’tit
Quelqu’un d’une certaine influence,
Un ange d’la finance

Qui osera proclamer en haut-lieux
Qu’la semaine finira beaucoup mieux
Si on voyait pas l’sourire fendant
D’un grand gnan-gnan

La télé fait déja asser dure
Pour pas qu’on l’endure
Les dimanches sont déja asser doll
Sans y voir la fiole

Tant qu’a nous montrer des vieilles ertailles,
Passez nous des vieux films de cow-boys
Ca va nous couter moins cher sur’ment
Qu’un grand gnan-gnan

Le di-manche en soirée on démanche la t.v.

“Une heure plus tard dans les maritimes...”


4. JARDIN DE RÊVE

Jardin du rêve où j'ai planté
Quand une fève m'y a poussé
Tu m'apparait comme un mirage teinté de vin
Jardin du rêve au milles raisins

Jardin du rêve brume bercé
Mouvante sève des siècles passés
Tu viens renaitre dans le creux tiède de ma main
Jardin du rêve echo lointain

De ciel, de terre, d'ombre, de lumière
D'où nous vient donc ce jardin
Ta peur divine, qu'on imagine
Esprit des rêves anciens

Jardin du rêve souffle de mai
Qui nous soulève par les sentiers
Quand la jeunesse s'éparpille pour refleurir
Jardin du rêve tout fol de rire

Jardin du rêve bien engraissé
Par où s'achève cet air chanté
Quand chacun trouve le trou en terre qui est le sien
Jardin du rêve tu nous rejoins


5. LE RAMONEUR

Réné aimait bien la bonne chère,
La moutarde forte et les bouteilles de bière
Le salami et les poissons,
Mais notre ami avait une autre passion

Aimait le chum de son voisin
Qu’il courtisait à coups d’bouteilles de vin
Quand son voisin n’était pas là,
Il lui faisait tralalala… Quoi??

Le voisin qui s’app'lait Tiwô,
Se doutait ben d’c’qui s'passait dans son dos
D’autant plus qu’il y faisait face
En se cachant à différentes places

Aurait grimpé sur l’échafaud
Pour surveiller les ébats de son beau
Lequel se prénommait Gaby,
Une dinde d’la pire catégorie…

Un jour que Réné et Gaby
Étaient ¨cool'ment¨ étendus dans le lit
En train de commettre l’adultère
En s’envoyant des bouteilles de sancerre

Ils entendirent une grande clameur
qui les laissa tout béats de torpeur
C’était quelqu’un qui v’nait de tomber
Dans l’foyer, par la cheminé

Ciel mon mari! flasha Gaby,
Les dents serrées en entendant le bruit
C’est sûr'ment pas le père Noël
Qui descend pour me porter des bebelles

Réné s’cacha dans la sécheuse
Pendant qu'Gaby s’étendit, toute rêveuse
En faisant semblant d'méditer
À la chaleur de son foyer

Puis, elle le vit, couvert de suie,
Méconnaissable, qui avait l’air en maudit
"Y va falloir que je lave mon linge
Pis moé aussi, j’ai l’air d’un maudit singe!"

Il fit un pas vers la laveuse
Pendant que Gaby, la maudite menteuse
Lui dit qu’il était swell
Comme ça en s’précipitant dans ses bras Boooing!

Le ramoneur qui était un p’tit malin
Fit comme s'il s’doutait pas de rien
Il fit vir'volter la menteuse
En s’appuyant su l'bouton d’la sécheuse

Il la ramona dans la douche
En la faisant respirer bouche à bouche
Gaby fut lavé d'ses péchés,
Réné fut pogné pour sécher

Ramona, j’ai fais un rêve merveilleux,
Ramona nous étions parti tous les deux…


6. CHATTE DE DAURE

On miaule devant chez moi
Et qu'est-ce que j'aperçois?
Ouvrant ma porte en douce
Une belle grosse chatte rousse

Débordant d'affection
Une chatte sans nom
Je la laisse donc entrer
Et lui donne à manger

Elle me fait les beaux yeux
En s'pomponnant la queue
Elle me fait les yeux tendres
C'est qu'elle veut se faire prendre

Vais-je me faire prendre aussi et l'adopter ici?

Elle reste auprès d'la porte
De peur qu'mon pied n's'emporte
Que j'la r'mette au trottoir
Pour pas avoir d'histoire

Et elle se tient tranquille
Comme une petite fille
Elle me colle aux talons
Et puis elle fait ron-ron

Elle me fout les remords
De la sacrer dehors
Mais voilà qu'elle s'affale
Et puis qu'elle s'installe

Qu'elle responsabilité quand vient le temps d'aimer!

Je n'connais pas la suite
Et c'est ça qui m'excite
Vais-je m'attacher à elle
Comme une paire de bretelles?

Derrière cette touffe à pattes
Et ce roux poil de chatte
Se cache un beau derrière
Qui remplit les litières

Chatte chatte chatte…


7. LA TARENTELLE DE LA TARENTULE

C'est une tarentelle à pustules,
La tarentelle della tarentule,
Celle qui pique son rythme
Sous les tables de lois.

C'est une tarentelle à virgules,
À particules, à majuscules,
Et qui vous met toute
La mémoire en émoi.

C'est celle qui vous tentacule,
Qui vous coince les testicules,
Et qui vous fait tourner
La tête comme un pizza.

Qui vous chatouille les rotules,
Qui vous stipule et qui vous stimule,
Et qui vous fout bêt'ment
Le nez dans la pasta.

Aye! Aye! Aye! Tarentelle sans scrupule
Aye! Aye! Aye! Mon cul a besoin de toi

C'est une tarentelle à bascule,
Qu'on danse sans peur du ridicule,
Qui sent la sauce tomate,
Les tripes et la mafia.

Qui vous graisse les mandibules,
Qui vous flye comme une libellule,
Qui vous fait sortir de vot'bulle,
Qui vous hisse sur vos monticules,
Qui vous regénère les cellules,
Qui fait de vous des funambules,
Qui ondule et qui véhicule,
Qui pullule et qui éjacule,
En vous picossant les ovules
Et en vous dorant la pilule,
Du matin jusqu'au crépuscuuuule...

Ventricule, ventricule, ventricule! Granules…

Qui intitule et qui congratitule
Et puis qui capitule ou bien manipule,
Adule, cumule, canicule, acidule,
Jugule, bidule, coagule, émascule,
Molécules incrédules, pédoncules qui s'enculent,
Fascicules, péninsules, minuscules
Et crapules, après de longs conciliabules,
Suivant les plus nulles formules et qui finit avec : Je ne sais quoi...

Aye! Aye! Aye! Tarentelle sans scrupule.
Aye! Aye! Aye! Mon cul a besoin de toi.
Caca fait là!


8. DANS LA PIAULE DE LOUIS

Dans la piaule de Louis,
Y'a le soleil qui lui,
Le matin de bonne heure,
Jusqu'à minuit.
L'jour s'étend comme du beurre,
Dans la piaule de Louis.

Dans une canne de café,
On voit l'tiers-monde passer,
Le matin de bonne heure,
Jusqu'à minuit.
On voyage en couleur,
Dans la piaule de Louis.

On liquide les angoisses,
On prêche pour not' paroisse.
On zouaille... Hé!!!
Y'a tout c'qui faut chez Louis,
Pour le coeur et l'esprit.
On flye... Au p'tit bonheur.

Dans la piaule de Louis,
Le temps même reste pris,
Le matin de bonne heure,
Jusqu'à minuit.
On est à peau de fleurs,
Dans la piaule de Louis.
Dans la piaule de Louis


9. POLLUSONGE

C'est une chanson qui vole au vent sans le savoir
Elle est issue directement d'un dépotoir

Elle imagine de grands espaces
Peuplées de lacs et de forêts
Trainées de pollution qui passe
Crevant le ciel comme un abces

Cette chanson se glisse au creux des souvenir
Elle et rock et les étangs bleus où l'on se mire

Quand on voit l'oiseau du printemps
Tendre ses ailes aux vents mauvais
Comme la nature offre son flanc
À l'acidité du progrès

Où donc est passé ce pays aux histoires chantées
Quand les racines portent leurs fruits de dignité

Est-il dans le cœur des poëtes
Qui en on fait une chanson
Qui l'aurait passer par la fenêtre
En évacuant leurs maisons

Est-ce une jungle imaginaire ou est-ce ici
Ma chanson est-elle terre-à-terre et sans esprits

La pollution de l'âme existe comme les rambo et les chansons
J'ai voulu être réaliste avant de perdre la raison
Avant de perdre la saison, avant de perdre...


10. LA CHUTE DU PRINCE

C'était la nuit du tremblement de terre
J'étais sorti pour aller prendre l'air
Dans un bistrot tout à fait sympathique
Fréquenté par la gent artistique

Il était tard et les yeux étaient rouges
L'heure où la poudre rend lubrique tout c'qui bouge
Quand les toilettes prennent l'allure d'un métro
Qu'y faut faire la ligne pour le lavabo

Oui maman! J'ai vu tomber le Prince-Arthur
Oui maman! J'ai vu tomber l'temple d'la culture
Oui maman! J'ai même failli être pris en d'ssous
Complètement gelé et pis à moitié soûl

Le lendemain matin la ville entière
Parlait sans fin du tremblement de terre
D'comment les murs de leur appartement
Faisaient danser touts les encadrements

Le mur dret à côté du Prince-Arthur (l'mur du Mazurka...)
Qui attendait d'être patché de ses fissures
Avait dû ben mal supporter sa nuit
Il se disloqua vers midi et demi

Oui maman! J'ai vu tomber le Prince-Arthur
Oui maman! J'ai vu s'écrouler la culture
Oui maman! J'ai même failli être pris en d'ssous
Complèt'ment gelé et pis à moitié soûl

Au moment où l'mur tombait comme un boeuf
J'sortais, tout pur, du bureau d'Luc Phaneuf
J'passais d'vant pis j'entends un gros bruit sec
J'pensais qu'c'étais un règlement d'compte de... Grecs

Y’a d'la boucane, des briques, des cris, des pas
C'est la panique qui sort du Mazurka
V'là la marquise du Prince qui r'vole dans rue
Pis la vitrine qui éclate comme un obus

Oui maman! J'ai vu tomber le Prince-Arthur
Carrément se faire rentrer d'dans par le mur
Oui maman! J'ai même failli être pris en d'ssous
D'une position où j'aurais eu l'air fou

Heureus’ment par un caprice d'la nature
Y’avait personne en d'dans du Prince-Arthur
Quèque's heures avant, ç'aurait été tragique
On perdait not' colonie artistique... sous un tas d'briques

Oui maman! On a r'trouvé le Prince-Arthur
Oui maman! Y était resté sur sa monture
Oui maman! On l'a r'trouvé toujours en selle
Dans les toilettes... non| pas dans les toilettes...
Pas d’ins décombres non plus
Parti au ciel dans les bras d'France Castel...
Au ciel, au ciel, au ciel! J’irai la voir un jour…


11. J'AI VENDU MA CHÈVRE

J’ai vendu ma chèvre
Pour un chapeau de paille de Chétichong cochinchinois
J’ai vendu ma chèvre
J’aurais p’t’être pas du quand
J’y pense de même j’me dis que : ouin!
Pis après tout, c’est fait! Oui, mais quand même!
Quand j'pense que moé,
L'beau cave ben, j'l'ai vendu pareil…

J'ai vendu ma chèvre
On vend toujours que'qu'chose
Pour acheter n'importe quoi
J'ai vendu ma chèvre
À c't'heure qu'c'est fait, j'le r'grette
J'me dis qu'j'ai pas été "smart"
Pis qu'si j'avais la chance
Je r'f'rais donc pas 'a même chose
Pis qu'a était pas si laide
Maudit qu'j'ai donc pas d'cœur! Dans l'fond,
C'tait une bonne chèvre
N'empêche que moé l'beau cave ben,
J'l'ai vendu pareil…

J'ai vendu ma chèvre
Pour me mettre à r'vendre tout
Ce que je rach'tais à chaque fois
J'ai vendu ma chèvre
J'me suis tanné vite du chapeau
J'l'ai changé pour des poissons rouges
Pis un bidet pis une souffleuse
Que j'ai r'vendu pour une collection
De livres sur les animaux
En mémoire de ma bonne vieille chèvre
Dont je m'ennuie un peu
N'empêche que moé l'beau cave ben,
J'l'ai vendu pareil…

J'ai vendu ma chèvre
Y faut toujours apprendre ce que dans l'fond,
On sait déjà
J'ai vendu ma chèvre
P't'être ben qu'si j'l'avais pas vendu
J'me s'rais pas mis à boire
J'aurais pas tué ma femme à force
D'l'entendre se plaindre
Du fait que la souffleuse était ben plus utile
Qu'une collection de livres
Pour déblayer la vie que je lui faisais m'ner
Depuis qu'j'avais vendu
Pour un vulgaire chapeau
Cet animal joyeux qui me t'nait compagnie
Avant que j'la séduise avec mes poissons rouges
Pis un bidet français j'ai beau r'gretter ma chèvre
Y reste que moé l'beau cave ben, j'l'ai vendu pareil

(Pis a m'app'lait tout l'temps "mon chou")


12. TANT QU'ON POURRA...

On sait donc pas dans le monde d'aujourd'hui
Quand qu'on aura tout l'estomac fini
Profitez en c'est la seule chose à faire
Prenez donc l'temps de boire une autre belle bière

À quoi ça sert de faire d'la course à pied
Tant qu'à prendre l'air, pas besoin d'être pressé
On est ben mieux à terrasse d'un bistrot
À boire du blanc avec des bigorneaux

Tant qu'on pourra s'passer du cimetière
Avoir du fun, manger, baiser pis boire
Tant qu'on pourra, entre joyeux copains
Tapocher l'cul d'une belle bouteille de vin

Dans toute auberge où bien boire est de mise
On s'y asperge bien mieux qu'dans une église
Surtout quand celle qui vient servir à boire
Possède des seins qui réaniment l'espoir

Un jour ou l'autre, qu'on soit à jeûn ou saoul
À la bonne nôtre on boira comme des trous
En attendant v'là du dinde pis d'la bière
Mastiquez bien pour prévenir les ulcères!

Tant qu'on pourra s'passer du cimetière
Avoir du fun, manger, baiser pis boire
Tant qu'on pourra, entre joyeux copains
Tapocher l'cul d'une belle bouteille de vin

Ma vieille grand-mère qui est morte à 103 ans
Buvait d'la bière pis du fort en même temps
C'était l'secret de sa longévité
À'est morte après quand son bar a fermé

Quand t'as ben bu et pis qu't'as ben mangé
Tu rôtes ton dû pis tu t'en vas t'coucher
À moins d'chanter une autre fois mon p'tit air
Pour s'réveiller pis r'continuer à boire

Tant qu'on pourra s'passer du cimetière
Avoir du fun, manger, baiser pis boire
Tant qu'on pourra, entre joyeux copains
Tapocher l'cul d'une belle bouteille de vin


13. LES POPSICLES

Ils étaient…
Venu en bateau en emportant armes et cadeaux
Leur belles histoires, leur bouze, leur fun pis leur ciboire
Ils n’étaient jamais venu dans le boutte
S’étaient même égarés en route
Route vers l’ivoire…

Ils se sont retrouvé dans’ neige,
Les moustiques et les sacrilèges
À essayer bêtement de se bâtir un quai
Ils ont construit des p’tites cabanes
Comme dans les plantations de bananes
Avec une p’tite différence de quarante degrés

En tout cas, vous avez un bien beau pays !


14. HISTOIRE TRANSPARENTE

C'était un peuple de caves
En stuco beige avec une barre dedans
Des fissures dans le solage
Leur minaient le sousbassement

En bon trou d'beignes que l'on gave
N's'en servaient plus pour produire des enfants
Que l'on torche et que l'on lave
Pour faire d'la soupe Habitant

Fourrez, fourrez, fourrez, fourrez démographiquement
Poussez vos carosses par en avant
La langue française se fait clouer le bec
Marchons pour un Québec grec

D'puis qu'l'Église n'est plus leur mage
Ils errent sans idéal nonchalamment
Ils ont fondu leur mirage
Dans un grand désert d'argent

Des étrangers à bagage
Ont pavoisé leur environnement
De différences de langages
De culture, de restaurants

Fourrez, fourrez, fourrez, fourrez démographiquement
Unissez-vous par derrière, par-devant
La langue française se fait clouer le bec
Votons pour un Québec grec

La consternation fait rage
Au sein même de ces braves habitants
Qui s'en cachent le visage
Sous un condom isolant

Écoutez bien ce message
Francophones en mal des duels d'antan
Embrochez-vous sans ambage
Faites des souvlakis d'enfants

Fourrez, fourrez, fourrez, fourrez démographiquement
Poussez vos deux gosses par en avant
La langue française se fait clouer le bec
Fourrons pour un Québec grec

1,2,3,4

À quoi ça sert de vivre tout égoïstement
Dans le trou rose de son p'tit condo blanc
À palabrer autour d'la loi 101
Quand toute le reste est dans l'brun...

Pour un Québec grec !


15. UNE BONNE FILLE

C’est une bonne fille
Qui ramasse les chats
Les ivrognes les jonquilles
Avec ces mêmes bras

Qui enlassent et cuisinent
Comme d’autres sans facon
S’en servent à l’usine
Pour bénir leur patron.

C’est une bonne fille
Dont le rôle ingrat
Sert souvent de béquilles
Ou de jambe de bois

Qui glissent de fatigue
Sur les trottoirs la nuit
Qui sautillent et qui gigue
Quand l’amour lui sourit.

C’est une bonne fille
Aux gestes de maman
Qui passe la guenille
Et rassure les enfants

Qui pleurent et qui frétille
Derrière ses rideaux
Qui rient ou qui roupille
Dans son grand sac à dos.

C’est une bonne fille
Pleine d’humanité
Qui a l’sens d’la famille
Et d’la fidélité

Au milieu des folies
Elle vient nous rappeller
Qu'y faut bien dans la vie
Apprendre à pardonner.

C’est une bonne fille
Force de fragilité
Qui s’lève et se maquille
Pour aller travailler

Traçant sa croix de vie
Sur son pain quotidien
Partageant nos soucis
Pour oublier les siens.


16. BANDRIFULLEMENT

Bandrifulement, tu es venue
Et tu t'es agité le flanc au coin d'ma rue
J'ai grand ouvert les yeux, j'étais joyeux
QUand on voit une belle chienne comme toé
On remue la queue

Bandrifulement, je t'ai senti
Bandrifulement j'ai trouvé qu'tu sentais l'pipi
En plein trottoir en ce beau soir
J'ai fait wouf, wouf, t'as fait wuf,wuf et puis bonsoir

Bandrifulement, c'est par la suite
Que je m'suis rendu compte qu't'avais des bibites
Ça s'est mis a M'piquer sous mon collier
Depuis c'temps la j'me gratte en pensant à toé.


17. LES CULOTTES DE SINGE

C'est une histoire bien oridnaire qui s'est passée un sam'di soir
Qui faisait clair dans la région de Mont-Laurier
Une brave femme émue qui se tortillait les méninges
Sortit dehors, tout' nue, pour aller étendre don linge

Il était étonnant de voir le soleil s'rincer l'œil
Comme si ça faisait très longtemps qu'il n'avait pas franchi son seuil
Comme si ça f'sait un bout' qu'il ne s'était pas couché tard
Y était encore debout' et pis y étaut minuit et quart

La brave femme émue se dandinait les boules à l'air
Avec un beau soleil au cul pour la réchauffer par-derrière
C'était très poétique de voir cette nymphe étendre ses ailes
Y avait comme une musique qui tournaillait autour de alle

La musique continua et la brise souffla de plus belle
En lui passant en d'ssous des bras, en lui chatouillant les aiselles
La belle s'mit à danser à corde avec la corde à linge
Un genre de gigue à faire sécher toutes les culottes de singe

La brise devint du vent, un genre de petit vent très doux
Et ce petit vent en gonflant se mit à prendre forme tout à coup
Dans les culotttes de singe d'un coup, on le vit se renfler
La belle r'gardait son linge qui commençait à l'entourer

Elle se laissa aller et le vent eut tôt fait
D'aller la rhabiller devant les regards indiscrets
Qui commencçaient à avoir des belles hallucinations
Le vent sou'va sa huppe et elle rentra dans sa maison


18. EUTHANAZIE

Il n'y a pas dans certain cas grand chose a faire
Pour soulager un monde entier de sa misere
Hum hum hum hum il n'y a pas dans hum ...
Certains cas d'autre esperence
Que d'abrèger pour eliminer la soufrance
On devrais avoir l'ultime espoire en arrivant
L'oportunité de pouvoir s'en aller dignement

Oh eutanazie je t'en suplie laisse moi partir
Sans faire de bruit fait moé dormire eutanazie
Pense a l'hopitale y s'rais normale
Que j'laisse ma place a des moin pire
Oh je t'en pris laisse moi partir
Je contien en moi un vif emois
Qui se condence une revolte innée
Qui m'fait cracher sur la souffance

Quand la maladie occupe le lit
Jusqu'au point de m'détruire dedans
Sans espoire de rétablissement

Quand l'heure de mourir avant d'pourrir est inversé
Sur le cadran, débranchez tout les p'tits enfants
J'veux pas que votre œil voye mon cercueil de mon vivant
C'pas beau à r'garder un macchabée qui prends son temps
Alors ne me maintenez pas sur le matelas
Avec con instruments d'torture
Faites moé donc sauter la clôture

La dégradation d'la religion n'devrait pas permettre
Celle des humains euthanasie donne moé la main
Y va ben faloir un d'ces soir contrôler la mort
Dans ce monde pourris euthanasie fais un effort
Oh euthanasie je t'en supplie fais nous mourir en bon vivant
Euthanasie soit donc content
Quand ça fait trop mal, ferme le fanal qu'on en finisse
En beauté au lieu d'laisser ça trainer
C'est la moindre des choses qu'on se repose
Quand vient le temps

Tant qu'à rester là comme des tit tas d'emmerdements


19. LA JAVA DES DIEUX

Que les dieux me pardonnent si je les ai laissés
S'empoussiérer entre leurs colonnes
Dans mes livres d'écolier
Et si j'ai oublié leur force et leur magie
Les dieux, de leur côté, m'ont toujours bien servi
Découpant le destin, suivant leurs propres traits
Comédiens au pointillant portrait

C'est pourquoi camarades je m'en vais composer
Une aubade pour me faire pardonner

Toi, Vulcain, dont le feu m'a, chaque jour, bien chauffé
Toi, Vénus, dont les jeux m'ont toujours attisé
Malgré les étincelles de leur mythologie
Les dieux, par leurs querelles, m'auront beaucoup appris
Quand la ménoire de l'homme voyage entre ses peines
Qu'elle nous amène à Rome ou qu'elle vienne d'Athènes
En étalant ses frises pleines de divinités
Où la psychanalyse patauge dans un bourbier
Au milieu des enfers, les dieux, fantômes hirsutes
Viennent nous pomper l'air de leur luttes

C'est pourquoi camarades j'ai voulu composer
Une petite aubade pour me faire pardonner

Gloire à tous ces Anciens, à leurs allégories
Que les grands Physiciens se le tiennent pour dit
Le flot d'incertitude où s'ébattent les dieux
Nous laisse la latitude de voir qu'on fait pas mieux
Salut grand Jupiter! Qui orchestre le lot
En comtemplant la Terre qu'atlas porte sur son dos
Du haut de ton perchoir, assis sur ta clôture
Contrôlant les tiroirs du meuble de la culture
En nous léguant un peu de ta pensée classique
Reflet creux du grand miroir antique

C'est pourquoi, camarades, j'ai voulu composer
Une petite aubade pour me faire pardonner
Ma grand-mère est morte, je n'ai plus de feu
Je fume du pot et je suis heureux


20. UNE AFFAIRE DE FAMILLE

Dans ma famille on est comme qui dirait un peu nombreux
Y a le chum de ma mère qui est un homme plutôt nerveux
Qui a déjà cinq enfants de ses trois mariages précédents

V'là qu'ça fourmille quand on pense que ma mère dans son jeune âge
Avait, par pur hasard la grande joie d'être volage
Et d'avoir des enfants avec trois bonhommes différents

Y a mon d'mi-frère qui s'trouve à être le frère d'ma demi-soeur
Qui un jour sans paraître se r'trouva avec plein d'ardeur
Dans le lit jumelé de son autre demi-sœur Camille
À vouloir procréer pour la plus grande joie d'la famille

À mon école sans façon on se r'trouve dans la même classe
Toute la famille ensemble pour la leçon de contrebasse
Ça fait du jazz dans l'air plein d'demi-sœurs pis d'demi-frères

Mon père, ma mère, chose certaine ne vivent plus dans la même piaule
À toues les fins d'semaine on se promène à tour de rôle
On est à mode, chez-nous même si on sait pas trop c'est où

Ma demi-sœur Claudine, mon frère Réal pis son frère Jean
Qui est l'cousin de Claudine... Ne me demandez pas comment
À cause d'la sœur de ma mère pis d'mon deuxième père Roger
Qui savaient pas quoi faire pis qui ont fait un autre bébé

Dans ma famille, y a pas d'drame parce nous autres on connaît ça
De s'partager les troubles, les vagues à l'âme, pis les matelas
Le cirque peut éclater on peut pas être plus morcelés

On se mixe pas trop mal
Dans le stéréo-parental


21. PATTES DE LUNE

Y’a du soleil dans la ruelle
Et mes voisins sont content
Ils grimpent sur leur décibels,
Ça les rends comme des enfants

Le petit n’veu de madamme,
Sexprime à sa propre facon
Il lave et frotte sa Trans-Am
En câlissant son poste de radio au coton.

Ce soir tout en regardant
Le soleil s’éclipser
Sur la gal’rie d’en avant
Toute la tribu rassemblée

Ils pouront boire d’la belle bière
Et garocher leurs bouteils
Pour voir s’éclater pas terre
Les reflets du soleil.

Y’a du soleil dans la ruelle
Et mes voisins sont content
Ils en oublient les poubelles
Et ils sèment aux quatre vents

Le sac de chips dans la rue,
Leurs cannettes sur le gazon
Et leur exasse qui pu quand
Leur cerveaux heavy pèsent sur le champignon
Et leur gros « tires » qui ruent
Quand leur esprits d’bottine sac la pédale au fond.


22. EN ATTENDANT L'HUILE

(Instrumental)


23. LE MAL DU PAYS

On est parti de rien, tiré
Du vide à plein la caisse
Poussé dans un berceau,
Revêtu d’une peau de fesse

On est arrivé là,
Sans trop savoir pourquoi
Sans trop savoir pour qui,
On s’est retrouvé en vie

Le souffle emprisonné,
Dans un corps étranger
On s’est retrouvé avec
La soif au bout du bec

Dans notre noirceur innée,
On n’a pas demandé à être
Du fond de notre nuit,
Le silence infini est maître

Dans l’océan rêvé,
D’où on fut kidnappé
Où nous furent mis au dos,
De différents drapeaux

De différentes couleurs,
De différentes douleurs
Des souvenirs enfouis
Dans le mal du pays

Pourquoi se rattacher
À c’qui nous a taché l’enfance?
Pourquoi rester debout,
Comme des ambulants trous qui pensent?

Subsister à tout prix
Et sans argent remis
Cultiver son lopin,
En songeant à sa fin

R’garder pousser le béton,
Pourrir ses illusions
Avec comme une envie,
Comme un mal du pays

Preserver son jargon
En chantant des chansons
Fumer une cigarette
En liberté complète

Et puis sourire aux anges
En sortant ses vidanges
En profitant d'la vie
Et d'son mal du pays


24. SUITE

(Instrumental)


25. LES ZARCHITECTES

Quand les ti-zarchitectes
Sont débarqué dans moin quartier
Tout était ben correct,
y compris le prix des loyers

Y s'sont mis à 2-3
À cultiver à sorte de glands
Y s'sont creusé la noix
Pour faire pousser l'environnement

Y ont installé des lampadaires
Pis y ont poser des tits pavés unis par terre
Avec des tites antennes su'l top
Pour faire croire à visite
Qui s'promènent en Europe

Quand les ti-zarchitectes,
Les urbanistes les ingénieurs
Ont vu grossir leur secte
Ça fait comme des insectes piqueurs

Qui s'sont mis à blower
En gonflant au d'sus d'la normal
Et le prix des loyers
Et pis les taxes municipales

Pendant c'temps là le pauvre monde
Ben y peut pas suivre le courant qui surabonde
Y reste su son bord de la clôture
En s'contentant d'payer sa part de la facture

Les architectes du monde entier
Chaque fois qui désaffecte
Ont l'don d'nous faire shit-eeeeeeeecte
Du monde entier
Chaque fois qui désa-tecte
Mon dentier


26. LA BALLADE DE SANDALE ET GANDHI

Y voulait un bébé elle à n’en voulait pas,
Voulait s’faire avorter dret’là
Y voulait pas lâcher a prit un avocat,
Pour pouvoir y régler son cas.

C’est la ballade de Sandale et Gandhi
Qui se ballade à grandeur du pays.

Y avait ben tanté d’y met’ du plomb dans ‘tête,
A voulut y brasser la crête
Quand elle l’a menacé d’vomir son embryon,
Y-a crissé une injonction.

C’est la ballade de Sandale et Gandhi
Qui mascarade à grandeur du pays.

Y faut-tu être épais ou ben moyenâgeux,
À pisser du lait par la queue
A vouloir à tout prix faire rejaillir sa crème,
Jusque dans l’lit d’la cour suprème.

C’est la ballade de Sandale et Gandhi
Qui sérénade à grandeur du pays.

Quand j’vois toute la morale s’enfariner la d’dans,
Avec sa queue d’cheval au vent
Pis Pro-Vie qui radote j’me dit qu’le monde est bête,
Y-a d’quoi s’met’ une capote sa tête.

C’est la ballade de Scandale et Jean-dit
Qui cassonade à grandeur du pays.

Comme si c’était ben mieux d’sauvegarder un phœtus,
Pour faire un malheureux de plus
Comme si les femmes n’savaient pu quoi faire de leur corps,
Quand l’innocence leur grimpe à bord.

C’est la ballade de Sandale et Gandhi
Qui gérémiade à grandeur du pays.

Pour mieux publiciser la triste situation,
T’as passé à télévision
Pi dans tout’ les journaux t’as donné ton avis,
Pis t’as eu ta photo Gandhi.

C’est la ballade de Sandale et Gandhi
Qui hit-parade à grandeur du pays.

Plus j’te r'garde pi plus
J’trouve que y’a
Du cave dans toé Gandhi
Du cave dans toé, du cave dans toé


27. TON ENFANCE NOUS QUITTE

J'entends ta plainte poindre entre tes soupirs
Je vois ta crainte grandir
Tu vas entrer dans le vide des grands
Étrangers aux enfants

C'est un peu triste
J'irais même jusqu"à dire
Qu'c'est c'qui est l'pire
Voire ton enfance partir
T'en perds déjà des morceaux
La vie t'embarque su'l'dos
Pis moé j'me sens vieillir

C'est pas juste toi qui s'en va cette fois-ci
Ton inocence aussis
La voir partir c'comme si c'était la mienne
Qui f'sait encore des siennes

C'est un peu triste
J'irais même jusqu"à dire
Qu'c'est c'qui est l'pire
D'voire ton enfance partir
T'en perds déjà des morceaux
La vie t'embarque su'l dos
Pis moé j'me sens vieillir

C'est pas juste toi qui s'en va cette fois-ci
Ton inocence aussis
La voir partir c'est comme si c'était la mienne
Qui f'sait encore des siennes


28. LE TRÉSOR DU DOCTEUR LANDRU

J’t’amène sous la gal’rie,
Dans ma cachette magique
Un trésor est enfui,
Dans un grand sac en plastique
Derrière des grandes feuilles de rubarbe,
Y-a des petits chats enterrés

J’t’amène sous la gal’rie
Dans ma cachette magique
J’t’amène sous la gal’rie
Dans ma caverne en chantant.


29. LE JOYEUX MISANTHROPE

Les enfants passent la journée
Devant la tévé,
Je ne peux pas supporter
D'les voir s'amuser.

Je les fous en pénitence,
Pour leur corriger l'existence.

Que l'bonheur des autres me fait dont chier.

Au milieu d'un restaurant,
Une bande d'habitants.
Célèbre un anniversaire,
En chantant cet air:

« Mon cher chose c'est à ton tour»
J'ai l'gout d'leur pitcher du yogourt.

Que l'bonheur des autres me fait dont chier.

Quand je croise des amoureux,
Je trouve ça niaiseux.
Aggripés aux illusions,
Comme deux beaux totons.

Si ils savaient c'qui les attend,
J'pense que j's'rais pas plus content.

Que l'bonheur des autres me fait dont chier.

Je suis un vieux marabou,
J'bougonne contre tout.
Les spectacles et les concerts,
Y'a rien pour me plaire.

Le show business et ses zouaves,
Je trouve que c'est une gang de caves.

Que l'bonheur des autres me fait dont chier.

Quand j'vois un rasssemblement,
De gens bien pensant.
Qui discutent, prîment ou contestent,
J'me sens comme la peste.

J'sacre mon camp avant qu'ça barde;
Ça m'donne trop l'goût d'brasser d'la marde.

Que l'bonheur des autres me fait dont chier.

Je suis un écologiste
On ne peu moins raciste.
J'prend tout le monde pour des légumes,
Y'a qu'ça qui m'allume.

Si l'être humain ne vit pas seul,
C't'afin d'pouvoir s'tapper s'a yeule.

Que l'bonheur des autres me fait dont chier.

Ceux que j'déteste le plus,
À qui tout est dû.
Ce ne sont pas les immigrés,
Ces enfants gâtés.

C'est ceux d'la race des chou-chous,
N'allez pas croire que j'suis jaloux.

Que l'bonheur des autres me fait dont chier.

J'rigole du malheur d'autrui,
Chacun fait sa vie.
J'souhaite pas d'mal à personne,
Chialer c'est mon fun.

Si j'ai rien à m'mettre sous la dent,
J'lis Foglia pour passer l'temps.

« Nous autres on n'aime pas ça des fruits
-Correct
-Ok
-Ça fait
-Bon...»





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