Ce titre bizarre faisant plutôt penser à un titre de tango argentin qu’à un album de rock, est en fait une contraction boiteuse entre les deux locutions “
Outlaws of love” et “Commandos de l’amour”! Reconnaissons qu’il faut tout de même une imagination fertile pour inventer un “truc” pareil.
Mais, si le titre est assez déstabilisant, le contenu est bien du bon rock mâtiné de reggae et d’un soupçon (un rien) de punk.
En 1978, le punk en effet a le vent en poupe, mais plus pour longtemps, et déjà les nerveux anarchiques de la scène anglaise s’essoufflent et rament sur leur sempiternels 3 accords et hop.
The Police, est formé par Stewart
Copeland (batterie) qui a recruté Andy Summers (Guitariste remplaçant du français Henri Padovani) et Gordon Sumner (bassiste), plus connu sous le nom de
Sting, surnom qui lui viendrait de son habitude de porter des T-shirt jaunes rayés de noir (=> la guêpe et son dard).
En 1977,
The Police sort un single avec la chanson “
Roxanne” en face A, c’est
Sting qui en a écrit les paroles qui évoquent une prostituée œuvrant non loin d'une salle de concert du groupe. A noter que
Sting a choisi ce prénom en voyant dans un hôtel où le groupe séjournait, une affiche de la pièce de Edmond Rostand de 1897 “Cyrano de Bergerac” dont un des personnages féminins est une dame appelée évidemment "
Roxanne". A sa sortie, en 1977, le titre n’aura pratiquement pas de succès, car les médias britanniques refusent de le diffuser en radio ou à la télévision à cause de ses paroles explicites en matière de sensualité (Shocking My God!). C’est seulement lors de sa parution en novembre 1978 sur le LP “Outlandos d’amour” que la chanson ressortira en single et deviendra alors un immense tube (n° 2 en France, n° 6 en U.K et 22 aux U.S.A) au printemps 1979.
L’album proprement dit, sort en novembre 1978, et je pense, pour ma part, qu’il faut franchement le dissocier du mouvement punk déjà sur le déclin à ce moment. L’album propose une collection de titres au rythme certes, assez enlevé (c’est du rock!) mais aussi avec des sonorités très prononcées de reggae (Bob Marley et cette musique triomphent à l’époque). Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter des titres comme “
So Lonely”, “
Roxanne” “
Can’t Stand Losing You” (aussi un énorme tube) et “
Hole in My Life”. Pour ma part, je pense que seul le premier titre “Next to You” se rapproche des standards musicaux inspirés de l’épopée finissante du punk. Un autre titre vient un rien titiller le punk, il s’agit de “Peanuts” qui propose un rock assez brutal mais avec un solo de saxophone un brin free-jazz pas du tout typé "punk".
Le titre “Born in the 50’s” a un petit côté rétro pas désagréable du tout et nous fait supposer que les 3 musiciens ont probablement écouté du skiffle et du rock‘n’roll dans leur jeunesse.
Toutes les compositions sont de
Sting, sauf un titre co-écrit par
Sting et Andy Summers “Be My Girl – Sally" dans lequel ce dernier fait l’apologie de ... la poupée gonflable sur un rythme de nouveau assez enlevé et corrosif (on imagine bien que les vertueuses radios anglaises se sont bien gardées de le diffuser).
L’album se termine sur le morceau “Masoko Tanga” qui est aussi imbibé de reggae, et dont la signification du titre m’est totalement inconnue mais qui se fond dans le même verbiage que le titre du LP.
La boucle étant ainsi bouclée.
En résumé, “Outlandos d’Amour” est un très bon album alliant un très bon rock rythmé et vitaminé aux tonalités du reggae “blanc” (“Reggata de Blanc” sera bientôt dans les bacs en fin 1979). Mais il convient de ne pas assimiler cet opus à la mouvance punk, Police était trop créatif, original et diversifié pour être versé dans ce genre musical ; la suite d’ailleurs le confirmera.
Réécoutez donc cet album, il en vaut vraiment la peine.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire