| ummagumma dit : Ben moi si vous saviez ce que j’écoute là pour me donner du courage...Bon on ne se moque pas..J'adore cet album en fait...Que la Force soit avec moi pour les validations |
La pièce est silencieuse, à part le froissement du papier et un souffle venu de la fenêtre découverte.
Sur la table, le manuscrit forme un bloc clair, encore tiède d'impressions récentes.
Elle rallume, crayon à la main, raye un mot - inutile - tourne la page.
La musique commence bas. Une pulsation grinçante, comme si l'air reculait à chaque mesure.
Me faisant reculer.
Le morceau a ce goût de marche arrière qui avance quand même.
Elle augmente imperceptiblement le volume. La voix brisée de John Cale accompagne la fatigue de ses yeux.
Elle vérifie les marges, les en-têtes, la pagination.
À chaque correction, le texte se dépose un peu plus, comme s'il cherchait sa propre disparition.
Le titre reste en haut de la première page : Le Train.
Elle s'arrête, respire, puis écrit quelques lignes à part :
C'est l'histoire d'une femme qui monte dans un train sans destination connue.
Elle fuit quelque chose qu'elle ne peut plus nommer.
À mesure que le train avance, les paysages changent, les heures se détachent des horloges, les passagers se dédoublent ou s'effacent.
Elle ne sait plus si elle va vers l'avant ou si elle revient.
Le train devient un couloir entre mémoire et oubli.
À la fin, elle comprend que le trajet la ramène à elle, comme une boucle.