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200.000 ans déjà que je zone sur la terre Dans le grognement lourd des groins qui s'entrechoquent De nature solitaire je me terre pour me taire Mais mon double pervers joue dans un groupe de rock J'ai quelque mauvais don d'acrobatie verbale Surtout les soirs d'hiver quand j'suis black et d'équerre Tel un Douanier Rousseau du graffiti vocal J'fais des bulles et des rots en astiquant mes vers Was ist das, was ist das rock'n'roll ? J'suis un vieux désespoir de la chanson française Qui fait blinder ses tiags pour marcher quand ça lose Ma langue natale est morte dans ses charentaises Faute d'avoir su swinguer au rythme de son blues Was ist das, was ist das rock'n'roll ? Mais je veux de la miouse qui braquemarde et qui beugle Avec Beethov en sourd, je suis borgne à Toulouse En attendant d'chanter en braille chez les aveugles Je sors ma Winchester pour mieux cracher mon blues Fin d'autorisation de délirer sans fin J'dois contrôler l'vu-mètre avant qu'ça passe au rouge Mes idoles défunctées se saoulent avec mon vin Et traînent leurs feux follets hilares au fond des bouges Was ist das, was ist das rock'n'roll 2. JE NE SAIS PMUS QUOI FAIRE POUR TE DECEVOIR Assis comme un lépreux devant mon brasero Frileux sous le blizzard soufflant son lamento O my sweet honey love J'écrivais le chorus d'un concerto lubrique Sur le chargeur glacé de mon automatique O my sweet honey love Quand je t'ai vue marcher le long du taxiway Où mon vaisseau-cargo déchargeait en secret O my sweet honey love Mes carrousels de monstres aux yeux de chrysolithe Et les démons transfuges de ma zone interdite O my sweet honey love Pas b'soin de télescope pour suivre ta beauté Quand tu viens t'acharner à me faire espérer Mais j'suis fait d'une matière débile indélébile Et je n'sais plus quoi faire pour me rendre inutile Et je n'sais plus quoi faire pour te décevoir Tu traverses les ruines de mes cités fossiles Dans la phosphorescence de mes visions fébriles O my sweet honey love Parmi les papiers gras et les caisses éventrées Qui jonchent le parking de mon cerveau brûlé O my sweet honey love Et tu poses des oranges dans la cendre mouillée De mon cachot désert aux barreaux calcinés O my sweet honey love Et d'un éclat de rire tu gommes les pierres tombales Des quartiers délabrés de ma radio mentale O my sweet honey love Pas b'soin de télescope pour suivre ta beauté Quand tu viens t'acharner à me faire espérer Mais j'suis fait d'une matière débile indélébile Et je n'sais plus quoi faire pour me rendre inutile Et je n'sais plus quoi faire pour te décevoir 3. AMANTS DESTROY Fille-fleur sauvage acidulée Bouche cramoisie, jupe retroussée Scratchée sur la banquette arrière D'un cabriolet Roadmaster Transfert d'orage, émeute sexuelle Sous la rumeur des immortels Quand ses lèvres arrachent un par un Les boutons de mon 501 Détruire, détruire, toujours dit-elle Saboter l'oeil universel Détruire, détruire, toujours dit-elle Faire payer ses grotesques erreurs Au boss cannibale supérieur Travail de nuit, petit matin Jouissance, violence entre ses seins Visage éclaboussé de nacre Amour, bagatelle et massacre Sur les fusibles du hasard Entre les quarks et les quasars Elle détruira son teddy boy Cunnibilingue et lousy toy Détruire, détruire, toujours dit-elle Saboter l'oeil universel Détruire, détruire, toujours dit-elle Faire payer ses grotesques erreurs Au boss cannibale supérieur 4. PULQUE MESCAL Y TEQUILA Tombé d'un DC 10 fantôme Sur un aéroport désert J'ai confié mon âme à un gnome Qui jonglait sous un revolver Puis j'ai pris la première tangente Qui conduit vers les cantinas Où la musique se fait bandante Pour la piéta dolorosa Pulque mescal y tequila Cuba libre y cerveza Ce soir je serai borracho Hombre ! Que viva Mejico Borracho ! Como no ? Dans le bus pour Cuernavaca J'révise ma tendresse des volcans Hôtel-casino d'la Selva Le soleil se perd au ponant Et je picole en compagnie D'un spectre imbibé de strychnine Welcome señor Malcolm Lowry Sous la Lune caustique et sanguine Pulque mescal y tequila Cuba libre y cerveza Ce soir je serai borracho Hombre ! Que viva Mejico Borracho ! Como no ? Jour des morts à Oaxaca Près de la tombe numéro 7 Je promène ma calavera En procession jusqu'aux toilettes Et dans la douceur des latrines Loin des clameurs de la calle Je respire l'odeur alcaline Des relents d'amour périmé No se puede vivir si amor Chinga de su madre Otro Cuba libre Borracho ! Como no ? De retour à Tenochtitlan Au parc de Chapultepec Les singes me balancent des bananes Sur des slogans de fièvre aztèque Et dans ma tristesse animale D'Indien qu'on saoule et qu'on oublie J'm'écroule devant le terminal Des bus à Mexico-City Pulque mescal y tequila Cuba libre y cerveza Ce soir je suis el borracho Un' perdido de Mejico 5. SEPTEMBRE ROSE Naufragé virtuose D'un amour clandestin Dans la métamorphose Des embruns souterrains Tu jaillis ruisselant D'une vague utérine Sur ce ventre brûlant De tendresse féminine Baby boy Sweet baby boy My baby boy Ton premier cri réveille De son écho brisé L'ouragan qui sommeille Dans mes veines oxydées Et nos regards préludent Le jeu de la pudeur Quand par manque d'habitude On s'méfie du bonheur Baby boy Sweet baby boy My baby boy Oh ! My son of the wind My little wunderkind Oh ! Mon septembre rose D'amour apothéose Baby boy Passées les cruautés Du théâtre organique Tu retournes apaisé Vers ta faune onirique Où les miroirs d'automne Reflètent à fleur de flamme Ta jeune écorce d'homme Éclaboussée de femme Baby boy Sweet baby boy My baby boy 6. SYNDROME ALBATROS Clown masqué décryptant les arcanes de la nuit Dans les eaux troubles et noires des amours-commando Tu croises des regards alourdis par l'oubli Et des ombres affolées sous la terreur des mots Toi qui voulait baiser la terre dans son ghetto Tu en reviens meurtri, vidé par sa violence Et tu fuis ce vieux monstre à l'écaille indigo Comme on fuit les cauch'mars souterrains de l'enfance De crise en delirium, de fièvre en mélodrame Franchissant la frontière aux fresques nécrophiles Tu cherches dans les cercles où se perdent les âmes Les amants fous, maudits, couchés sur le grésil Et dans le froid torride des heures écartelées Tu retranscris l'enfer sur la braise de tes gammes Fier de ton déshonneur de poète estropié Tu jouis comme un phénix ivre mort sous les flammes Puis en busard blessé, cerné par les corbeaux Tu remontes vers l'azur flashant de mille éclats Et malgré les brûlures qui t'écorchent la peau Tu fixes dans les brumes Terra Prohibida Doux chaman en exil, interdit de sabbat Tu pressens de là-haut les fastes à venir Comme cette odeur de mort qui précède les combats Et marque le début des vocations martyres Mais loin de ces orages, vibrant de solitude T'inventes un labyrinthe aux couleurs d'arc-en-ciel Et tu t'en vas couler tes flots d'incertitude Dans la bleue transparence d'un soleil torrentiel Vois la fille océane des vagues providentielles Qui t'appelle dans le vert des cathédrales marines C'est une fille albatros, ta petite soeur jumelle Qui t'appelle et te veut dans son rêve androgyne 7. DROIDE SONG Droïde équalisé sans désir ni chaleur Avec mes sentiments sur microprocesseurs Parfois dans le silence obscur de mon hangar Je déchausse mes circuits et débranche mon sonar Bouillie d'étoiles fondues sur mes lèvres-plasma De gargouille irradiée revenant du magma Quand j'ai besoin d'amour ou de fraternité J'vais voir Caïn cherchant Abel pour le plomber Dans l'odeur des cités aux voiles d'hydrocarbure Les rires sont des ratures qui s'attirent et saturent Et j'y traîne en réglant ma radio-chimpanzé Sur fréquence et mépris point zéro nullité Cosmonaute du trottoir, éboueur en transfert Je peins mes hiéroglyphes sur les murs des waters Avant de m'enfoncer plus loin dans les égouts Pour voir si l'océan se trouve toujours au bout Droïde, droïde Machine humanoïde Aux chromosomes hybrides Droïde, droïde Carlingue anthropoïde Coeur en celluloïd Droïde, droïde Regard Polaroïd Schizoïde et bifide Droïde, droïde Rêvant d'astéroïdes Acides et translucides Libres Attirées par le vide Le jour où les terriens prendront figure humaine J'enlèverai ma cagoule pour entrer dans l'arène Et je viendrai troubler de mon cri distordu Les chants d'espoir qui bavent aux lèvres des statues 8. JE SUIS PARTOUT Je suis partout, partout Dans le héros, dans le vainqueur Le médaillé qui fait son beurre Dans la fille tondue qu'on trimbale A poil devant les cannibales Dans le train Paris-gare d'Auschwitz Entre les corps des amants juifs Dans ces millions d'enfants gazés Qu'on voudrait me faire oublier Je suis partout Partout partouze Tendresse en SOS Eros über alles Je suis partout, partout Dans le gentil petit caniche Qui ratonne la nuit dans sa niche Dans l'oeil du bougnoul écoeuré Par cet Occident périmé Dans le box des innocences Avec ma putain d'bonne conscience Dans la peau du rocker-poubelle Qui joue son je universel Je suis partout Partout partouze Je suis partout, partout Dans la rue des amours toxiques Au bras d'un monstre pathétique Dans les annales des coeurs trav'los Avec ma capote en croco Entre tes seins entre tes cuisses Entre tes cimes et tes abysses Humaniste sous ton collant La bite coincée entre tes dents Je suis partout Partout partouze Tendresse en SOS Eros über alles paroles ajoutées par metallos - Modifier ces paroles
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