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1. JE PISSE DANS L'ETANG C’est si violent Les images défilent tranquillement C’est si violent Mais tout le monde respire normalement... et on prend ça en riant! C’est interpellant L’enfant qui pleure dans mon écran Mais j’ai pas l’temps D’changer les destins c’est pesant... pis ça me concerne-tu vraiment? J’habite Jupiter À des millions d’années de la terre Mon lien cellulaire Me suffit pour me satisfaire J’habite Jupiter En orbite seul dans ma sphère J’ai de belles oeillères Et rien ne pourra me distraire Je n’ai pas l’instant À perdre en remords accablants Je pisse dans l’étang Là même où j’abreuve... ceux de mon sang! J’suis un rêveur inconséquent J’suis inconscient J’ai les réflexes dans le ciment... c’est si moelleux un divan 2. JE RETOURNE À LA TERRE J’habite un jardin Un grand potager Un champ immobilier Une plantation d’hommes Très bien alignés Aux racines enterrées Mes mains sont tachées Du sang de mes ancêtres Des grands ormes et des hêtres Au cœur de mon tronc Que quelques de sève Signe d’une ère qui achève Je me confonds avec le sol Ce paysage qui me désole Où des vers déversent leur venin En se nourrissant des copieux déchets humains Je touche la cime Et je m’abîme Mon corps est une poussière Je décompose Que l’on m’arrose Je retourne à la terre Le vent a parlé Mais toutes ses voix Se sont perdues au bois On a continué À troquer les espèces Pour des marques de commerce On a de biodégradable Que notre parole et nos semblables On a profité de l’humus Mais il nous en fallait toujours plus Dans le sable sous mes pieds J’avais dessiné Ce pays dont j’ai tant rêvé Le temps s’est écoulé Et je l’ai oublié Sous mon poids il s’est enfoncé Dans le sable sous mes pieds J’avais dessiné Ce pays dont j’ai tant rêvé Il s’est atrophié Ses couleurs délavées Si seulement c’était la pluie qui l’avait effacé… 3. ET SI... Je suis une imperfection Une erreur de la nature Je suis niché dans ta poche, au creux du désespoir Tu me portes comme une roche sans même le savoir Je suis pogné dans une craque du trottoir de ta rue Y’a ben juste les enfants qui ne me marchent pas dessus Tu m’as si bien façonné à grands coups d’ignorance Que je glisse sous tes pieds, sans aucune résistance Et si on était tous liés ? Et si ma faim était la tienne ? Est-ce que tu te laisserais crever ? Ou tu partagerais ta peine ? Je ne suis qu’une crotte au cœur, une toute petite larme Je m’efface avec les heures sans faire de vacarme Je ne suis qu’un grain de sable. Je reçois en pleine face Toutes les vagues que tu fais pour mieux laisser ta trace Et si on était tous liés ? Et si ma faim était la tienne ? Est-ce que tu te laisserais crever ? Ou tu partagerais ta peine ? Le jour où je vais devenir un parfait salaud J’existerai à tes yeux Alors tu me condamneras à l’échafaud Et enfin nous serons deux Et si on était tous liés ? Et si ta fin était la mienne ? Est-ce que je te laisserais crever ? Ou je partagerais ta peine ? 4. DECLARATION (À LA DERISION) Gaston Miron Je suis seul comme le vert des collines au loin je suis crotté et dégoûtant devant les portes les yeux crevés comme des oeufs pas beaux à voir et le corps écumant et fétide de souffrance je n'ai pas eu de chance dans la baraque de vie je n'ai connu que de faux aveux de biais le pire je veux abdiquer jusqu'à la corde usée de l'âme je veux perdre la mémoire à fond d'écrou Ma condition d'homme Je m'étends par terre Dans ce monde où il semble meilleur être chien qu'être homme L'automne est venu je me souviens presque encore on a préparé les niches pour les chiens pas vrai mais à moi, à mon amour, à mon mal gênant on ouvrit toutes grandes les portes pour dehors or dans ce monde d'où je ne sortirai bondieu que pour payer mon dû, et où je suis gigué déjà fait comme un rat par toutes les raisons de vivre hommes, chers hommes, je vous remets volontiers Ma condition d'homme Je m'étends par terre Dans ce monde où il semble meilleur être chien qu'être homme Hommes, chers hommes, je vous remets volontiers Hommes, chers hommes, je vous remets volontiers Hommes, chers hommes, je vous remets volontiers Hommes, chers hommes, je vous remets volontiers Ma condition d'homme Je m'étends par terre Dans ce monde où il semble meilleur être chien qu'être homme 5. LES FLEURS POUSSENT EN PALESTINE Ce matin le facteur n’est pas passé Le soleil ne s’est jamais levé Y’a pas eu de petit déjeuner Au loin, les combats ont cessé Pourquoi t’as pas pensé à moi? J’avais mis la table que pour toi La pluie s’étend sur mon journal Je n’y vois plus qu’une marée sale Ça pu le vide autour de moi J’ai mal au cœur, j’ai mal de toi Ton corps pendu à ma fenêtre Un oiseau s’est cogné la tête Le pauvre, il aurait pu faire mieux Y’a pas de mal à s’ouvrir les yeux T’auras jamais vu la mer Trop occupée à te noyer dans la tienne T’auras jamais vu la mer Elle t’attendait pendant que tu t’ouvrais les veines Ton rêve se dissipe lentement Moi qui me concentre furieusement Pour conserver tous les morceaux Toutes les pièces de notre tableau Ensemble on rêvait de chaleur D’une planète bleue, d’une ville sans peur Aujourd’hui, c’est la mer qui pleure Elle porte le corps d’un monde meilleur Quand le bonheur est passé près de moi J’ai pas su le regarder J’ai pris le poids du monde sur mes épaules Quand il s’est effondré, moi aussi j’ai trébuché Tu t’accroches comme tu peux Y’a la lune dans tes yeux T’as planté ton nom sur le mot «espoir» Levé le drapeau noir, pour qu’on puisse y croire Les fleurs poussent en Palestine Y’a du soleil rue Sainte-Catherine Ton fils est né hier et toi qui n’est plus là Crois-moi j’donnerais ma vie pour que tu vois ça 6. ADELARD ATTEND Oublié dans son appartement Comme une vielle chaussette, Adélard attend Il se berce doucement Pour tromper le vide de ses cent ans Seul comme un chien, Adélard attend Son Anémone l’a quitté Comme une fleur fanée Elle qui avait oublié Comment l’aimer La mine lui a rongé les poumons Il a craché toutes les lettres de son nom Adélard a les doigts gelés Depuis des jours, il n’a rien mangé Le chèque d’la misère? Pas encore arrivé C’est l’histoire d’un homme qui s’est tué à l’ouvrage Qui s’est battu pour laisser un maigre héritage De larges tranchées occupent maintenant son visage C’est l’oubli, la solitude qui fait des ravages Papi on t’a enterré bien avant ta mort C’est bien plus pratique d’imaginer que tu dors Le CLSC s’occupe de laver ton corps On s’donne bonne conscience, au diable le réconfort! Papi, papi, si seulement on t’l’avait dit Que c’est comme ça que tu finirais ta vie Cloué devant la télé dans ton taudit Avec les puces et les rats comme seuls amis C’est l’histoire d’un homme qui s’est tué à l’ouvrage Qui s’est battu pour laisser un maigre héritage De larges tranchées occupent maintenant son visage C’est l’oubli, la solitude qui fait des ravages C’est l’histoire d’un homme qui est peut-être ton voisin Probablement ton grand-père, ton père ou le mien Qui se nourrit d’un sourire comme des miettes de pain Qu’il dévore une à une en attendant la fin… 7. WELCOME TO GUANTANAMO Bienvenue à Guantanamo Bay Hope you enjoy your holiday ! Tel qu’indiqué sur nos brochures Nec plus ultra de la torture… sans bavure ! Nous offrons de très bons programmes Faits sur mesure, qui libèrent l’âme Des thérapies supervisées D’incitations à confesser Guantanamo Holiday On garantit que vous parlerez… vous parlerez ! On coupe toute communication On stimule votre relaxation Ici on a redéfini C’que signifie bain de minuit… on vous garde en appétit ! Aucune loi, aucune interférence La liberté jusqu’à outrance Aucun droit de l’homme dans la balance Pas de contrepoids à la souffrance L’opulence ! Pour l’inscription vous demandez ? Rien ne saurait être moins compliqué ! En fait, c’est nous qui allons appeler Si on a raison d’douter De vos intentions, de vos valeurs Car on peut lire votre intérieur En général y’a pas d’erreurs On est équipé Pour juger La pensée 8. CULTIVER LA TRANSPARENCE Quand vient le temps de mettre les balles Dans la caisse électorale J’pense aux copains haut placés Aux présidents, aux banquiers Faut que j’sorte mes atouts Sinon j’aurai pu un sou La manière illégale De toute façon, c’pas moi qui aura mal Des traces de monarchie Sous l’emprise des vieux partis C’est ça qu’on appelle «démocratie»? Quand la seule voix citoyenne C’est celle qui rapporte les cennes C’que vous entendez, c’est sûrement pas la mienne! Maintenant que les coffres sont remplis Je remercie mes amis En leur donnant des contrats On va tout piger dans l’tas En plus des subventions Des centaines, des millions Si jamais y’en a trop On dira qu’ils ont gagné le gros lot! Des traces de monarchie Sous l’emprise des vieux partis C’est ça qu’on appelle «démocratie»? Quand la seule voix citoyenne C’est celle qui rapporte les cennes C’que vous entendez, c’est sûrement pas la mienne! Les fermiers au parlement! Les politiciens au champ! Ça a l’air qui savent comment faire pousser l’argent… 9. L'ANIMAL OPTIMAL Si chaque chose a sa raison Si tout ce qui est tient une fonction Que dire ou écrire? Définition D’un être dévoué à la destruction Évolution logarithmique Dépendant de sa propre logique S’il lui poussait des nageoires demain Que d’affreux lendemain aux pauvres requins L’animal optimal Autoproclamé autorité mondiale Son ego n’a d’égal Que sa volonté de toucher aux étoiles Aveuglement symptomatique D’une vision anthropocentrique Il nie les conséquences de ses actions En conscience, il provoque son extinction 10. L'ACTE DE FOI C’est l’évidence qui s’enfonce comme une aiguille dans nos yeux L’état d’urgence qui s’annonce, toutes les forêts sont en feu La convergence qui s’expose, prétendant naître de nos vœux L’intransigeance qui s’impose, aux cieux c’est la guerre des Dieux Qui se lèvera ? Qui osera hausser la voix ? Qui manifestera ? Qui fera l’acte de foi ? 11. I DON'T NEED SOCIETY (D.R.I.) (No lyrics available) 12. LE JOUR OÙ ILS VIENDRONT CRACHER SUR NOS TOMBES C’est un murmure Un sifflement Un doux vent Une vérité Qui se dessine Lentement C’est la plus belle des mélodies Le chant d’un Iroquois C’est la conscience d’un peuple oublié Qui s’agite en toi C’est l’histoire d’une profonde distorsion Dans la ligne du temps Le long récit d’une destruction La couleur du sang Peux-tu sentir le soleil mordant qui déchire ta peau ? Imaginer tes yeux qui éclatent comme des bombes ? Peux-tu entendre la douleur, le cri de tes descendants ? Le jour approche où ils viendront cracher sur nos tombes… Un bon matin Le chant du cygne Dévasté Un grand sage pleure Le dernier enfant Qui est né Des orphelins défilent aux tombeaux Des sœurs et des frères Portant le deuil d’une immense blessure Au cœur de ta mère Nous savons ceci : la terre n'appartient pas à l'homme ; c’est l'homme qui appartient à la terre. Tout ce qui existe nous unit les uns aux autres comme le sang qui coule dans nos veines. L’homme n’a pas confectionné le tissu de l’existence, il en est simplement l’un des fils. Ce qu’il fait au tissu, il le fait à lui-même. 13. SOLDATS DE PLOMB OU D'ARGENT ? Ils t'ont attrapé À la sortie de l'école Et ils t'ont enfermé T'ont fait dormir à même le sol Ils t'ont initié Obligé à prendre de l'opium Ils t'ont enrôlé T'ont forcé à devenir un homme La gang de salauds Ils vous avaient mis à l'avant Pour sauver leur peau Vous ont placé comme guet-apens Vous étiez quarante C'était le jour de tes dix ans Une pluie dégoûtante Plus que trois au soleil levant T'es resté là Cloué à ta cachette Dans les deux bras Ton AK-47 Quand elle t'as vu Tu pouvais pas reculer Et tu t'es lancé Petit soldat de plomb Sous tes cheveux en bataille Des yeux de faucon Une mitraille Tu tires à bout portant Petite machine de guerre Et tu avances avant Qu'on t'enterre Le regard absent Joli Birman aux yeux d'ébène Tu vois que du sang Et tu ne connais plus la peine Le bien ou le mal? C'est aujourd'hui, demain ou hier? Pour toi c'est normal On t'a privé de tes repères T'as vu des viols Des filles plus petites que toi T'as fait des vols T'as tué de sang froid Tu te maintiens Dans la loi du plus fort T'es plus qu'un corps Prends ton épée et ton bouclier Mets ton p’tit casque et pars à la chasse C'est pas un jeu, t'es dans la cour des grands Tu dois être fort, tu dois rester vivant Faut pas qu'ils me trouvent, j'ai besoin que tu me couvres Place toi devant, prend ton air combattant J'te nourrirai, tu seras mon messager Je t'enseignerai, comment ne pas aimer paroles ajoutées par Aragorn - Modifier ces paroles
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