GREEN DAY
AMERICAN IDIOT (Album)
2004, Warner Music Group / Reprise Records




megalex1986
Green Day, groupe ayant connu la gloire avant de sombrer dans l'oubli total. Dookie fut une bombe, 15 millions d'albums vendus, l'opus de punk le plus vendu au monde, la popularisation d'un style à la base underground. Une nouvelle ère allait pouvoir commencer dans un monde bouleversé par la mort du grunge, mais cela ne devait durer éternellement. Car cette nouvelle vague Punk allait engendrer un genre nouveau, décrié par les puristes par son accès commercial : le pop-punk popularisé par Blink-182 et Sum 41. Green Day était dépassé. Après 3 albums au succès moindre que Dookie, le groupe californien s'éteignait petit à petit...

Dix ans après Dookie, American Idiot sort et explose : 1er place au Bilboard, 250 000 exemplaires vendus en une semaines pour ensuite arriver au total faramineux de 15 millions d’albums vendus. L’exploit n’avait plus jamais été réitéré depuis Dookie, et pourtant l’album n’a quasi plus rien à voir avec ce dernier.

Le secret ? Un « opéra-rock » dont les Who avait inventé le concept. L’histoire de Jesus of Suburbia qui entreprend de partir en ville sans en connaitre les dangers. Il y rencontrera St Jimmy, son compagnon d’infortune qui mourra, ou alors Wharsername qui retournera dans sa ville natale à New York. Ses périples l’amèneront face à la drogue, la solitude, le sexe et l’intolérance, pour ensuite revenir dans sa banlieue. Tout cela sous le régime de Bush auquel Green Day est farouchement opposé.

La rébellion est le maitre-mot de cet album, la pochette le confirme parfaitement. Le point levé, grenade en forme de cœur, le tout taché de sang sur fond noir, changement par rapport à celle des précédents opus (dont celle de Dookie vraiment hilarante).

Passons à la musique et de suite avec mon morceau préféré et la pièce maitresse de l’album : le terrible « Jesus of Suburbia ». Véritable hymne, ce titre se démarque par ce léger côté prog dû à ses variations de tempo, sa durée extraordinaire, le morceau est divisé en 5 parties… Une première pour un groupe dont les morceaux se terminaient après 3 minutes dans les albums antérieurs à celui-ci ! Ce piano aidant les guitares et le chant à partir de 2 minutes, cette superbe composition qui pourtant tient toujours l’auditeur en haleine malgré cette longueur incroyable. Mais ne croyez pas que cette chanson est la seule de cet acabit car « Homecoming » se structure de la même manière avec son interlude en chœur pour ensuite repartir en trombe avec la seule vocation de tout défoncer ! Le tout parsemé d’instruments à vent et d’un solo beaucoup trop court (3 secondes, faut pas pousser !). Et cette fin à reprendre en chœur avec tous ses potes, inoubliable !

Mais la grande particularité de cet opus, c’est l’influence pop-rock/rock en laissant quasiment tomber le coté punk. Certains morceaux tels qu’ « Holyday », « American Idiot » et « St Jimmy » (dont la rythmique se compose des mêmes accords que celle de la chansons « Blitzkrieg Bop » des Ramones) possèdent encore cette énergie punk couplée à des paroles vindicatives (on est pas pour autant dans le punk hardcore).

Mais malgré tout cela, un album de rock n’en serait pas sans ses ballades, et là, pour ainsi dire, Green Day nous a gâtés avec « Are We the Waiting » et « Give Me Novacaine » qui, sans être indispensables, savent s’écouter avec plaisir, ainsi que l’antépénultième titre : « Wake Me Up When September Ends », bien mieux construite que les précédentes (et possédant un solo un peu plus long que 3 secondes !).

Alors oui, oubliée la musique adolescente des débuts, l’album de la maturité est bien là et le talent des musiciens aussi. Mais l’oscar revient indubitablement à Tré Cool qui, avec sa batterie, apporte cette frappe qu’il manque souvent aux groupes de pop-rock. Mike Dirnt assure toujours autant ses lignes de basse malgré une légère mise en retrait (oublié « Longview »), Billie Joe possède maintenant une voix plus posée, bien loin de ce qu’il a pu chanter dans le passé.

Green Day donc réalise là son album le plus abouti musicalement mais perd immanquablement cette énergie punk du groupe qui instaurera malheureusement une cassure chez les fans. Certains jugeront cet album trop commercial. En tous cas, il faut voir maintenant, n’en déplaise aux fans, Green Day comme un groupe pop-rock…

2011-10-05 21:51:58