THE STOOGES
RAW POWER (Album)
1973, CBS Records


Recorded when the band's name was IGGY & THE STOOGES.

1. Search and Destroy
2. Gimme Danger
3. Your Pretty Face Is Going to Hell
4. Penetration
5. Raw Power
6. I Need Somebody
7. Shake Appeal
8. Death Trip


zvlorg : 16/20
Cela fait presque 3 ans que les Stooges galèrent, le manque de succès commercial des visionnaires mais brouillons The Stooges et Funhouse ainsi que les prestations scéniques tumultueuses font fuir les labels. En 1973 finalement le groupe peut enregistrer et sortir ses nouvelles compositions dans l’album Raw Power, qui ne rencontrera pas un franc succès mais dont les effets à retardement se feront ressentir dans 3 ou 4 ans.

Dès l’écoute de Search And Destroy, on comprend avec le recul l’impact souterrain qu’a pu avoir l’album, ce titre tombe comme une bombe et possède toutes les caractéristiques d’un punk efficace et surpuissant, une vraie tuerie. Derrière, le groupe parvient à atteindre de nouveau un tel degré de violence avec le brutal Your Pretty Face Is Going To Hell, dans une veine pourtant assez rock ‘n’ roll, mais en vraiment plus trash et la voix éraillée de Iggy Pop contribue encore plus à ce côté sale. Raw Power, devenu un classique depuis, est un peu moins bourrin mais conserve une force de percussion intense et son efficacité est tout aussi redoutable. Avec 3 tueries de ce calibre, il est bien difficile de trouver des équivalents ailleurs, et on se rend compte d’emblée que le style vocal de Iggy Pop, ainsi que la qualité de son très mauvaise, s’adapte très mal à des titres plus posés comme Gimme Danger ou I Need Somebody. Si Shake Appeal séduit au départ, tout est dit au bout de 2 minutes et la minute restante a bien du mal à passer. Et puis le groupe réserve aussi son gros loupé, à savoir Penetration, un titre gras et irritant à cause des bredouillements de Iggy, absolument intenable. Pour finir, Death Trip semble revenir à la fulgurance de Search And Destroy mais traine en longueur de manière lourde et indigeste, un peu à l’instar de certaines compos du MC5.

Brouillon, crade, très inégal, ce Raw Power est pourtant décisif car ses passages forts font un grand pas vers le punk proprement défini et vers une puissance sonore accrue. Néanmoins, la suite de la carrière du groupe n’en sera pas arrangée pour autant, celui-ci se séparera après un concert devenu mythique pour son chaos général et son inaudibilité, une fin indigne d’un groupe qui aura avec ses voisins du MC5 balbutié et même prononcé pour la première fois les rudiments du punk et eu une influence capitale dans l’accroissement de la puissance du heavy metal, jusqu’alors plus lent et sombre.

2010-08-22 00:00:00


Brozzy21 : 16/20
Le batteur des Stooges, Scott Asheton, est mort le 15 mars de cette année, l'occasion de parler un peu d'un des albums mythiques du groupe, Raw Power, sorti il y a 41 ans et qui a servi de modèle à la création du mouvement punk.

Raw Power, c'est ce qu'on pourrait appeler un joyeux bordel. Tout l'album consiste en une explosion sonore et des hurlements d'Iggy Pop. Le plus souvent, les chansons sont construites autour d'un seul riff sur lequel se greffent les fameux hurlements comme sur "Raw Power", "Death Trip", "Search and Destroy" ou encore "Your Pretty Face Is Going to Hell". Cependant, les Stooges, prennent soin d'apporter à Raw Power des morceaux plus doux, vaguement bluesy comme les titres"Penetration", "I Need Somebody", et se rapprochent même de la ballade avec "Gimme Danger". Et je dis bien "se rapprochent", parce que ça finit quand même par partir dans un délire brutal ; Après tout, ça reste les Stooges ! Cependant, en dehors des riffs, c'est réellement la production qui marque cet album. David Bowie en personne a mixé l'album après s'être lié d'amitié avec Iggy et l'avoir fait signer chez Columbia, et on peut sincèrement lui dire un grand merci. C'est ultra-brouillon, avec des sons saturés qui font presque mal aux oreilles, mais c'est volontaire. Bowie voulait faire ressortir toute la hargne des Stooges. Bref, c'est violent, carrément crade, mais sans ça, ce disque n'aurait pas été le même.

A sa sortie, Raw Power fut un bide commercial, et on comprend pourquoi. Ce n'est pas parce que l'album est mauvais, bien au contraire, mais son mixage violent a attiré peu de monde à l'époque, et il faut le voir tel qu'il est : l'ébauche du mouvement punk dans toute sa splendeur. Et finalement, c'est peut-être mieux que le disque ait été si mal accueilli, parce qu'il est devenu culte des années plus tard et a exercé une énorme influence sur les genres punk, metal et rock. Kurt Cobain, leader de Nirvana, l'avait lui-même placé en première place de ses disques préférés, et Phillipe Manoeuvre, célèbre journaliste de musique français, déclara que « quel que soit le mix, personne, jamais, ne réussira à se mesurer au secret de Raw Power, le disque le plus violent de tous les temps ». Et il avait raison. Si vous aimez le bruit et secouer la tête, Raw Power est assurément votre genre de disque.

2014-04-17 18:55:09