DHT06 : 16/20 | Les gens d’Europe du nord ont toujours été attirés par le sud. « Feline » est l’un des nombreux hommages de la langue shakespearienne aux subtiles sonorités latines et acoustiques de la musique. C’est aussi un hommage aux femmes et à leur mystère. La pochette, dont la noirceur justement féline attire la chaleur des nuits d’été, donne un avant-goût de cette atmosphère étrange. Le thème instrumental d’ouverture, celui de la chanson phare de l’album, développe une addiction nostalgique chez l’auditeur. On risque de passer ce titre en boucle et d’en oublier les autres, alors qu’il suffit de lâcher prise et d’apprécier le voyage jusqu’au bout. L’accès n’est certes pas facile, Hugh Cornwell apparaissant plus alors comme un diseur que comme un chanteur, cependant la remarque valait aussi pour Lou Reed avant lui, et cela n’enlève rien à leur talent, un talent d’évocation. Chaque été a ses succès du moment, mais les plus exigeants savent que, dans l’intimité de l’écoute, il y a aussi les refrains de tous les étés, de l’éternel été. Le vieil homme de « Midnight Summer Dream » n’est peut-être nul autre que nous-mêmes, une vision de notre propre avenir, sur le lieu des vacances où l’on revient toujours, et où l’on aimerait s’endormir sur une chaise longue pour ne jamais se réveiller. En attendant, on n’est pas seul, car « the European Female’s here, we’ll be together for a thousand years ».
D. H. T. 2017-08-29 14:36:35
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