PHIL COLLINS
BOTH SIDES (Album)
1993, WEA / Virgin Records / Atlantic Records


1. Both Sides of the Story
2. Can't Turn Back the Years
3. Everyday
4. I've Forgotten Everything
5. We're Sons of Our Fathers
6. Can't Find My Way
7. Survivors
8. We Fly So Close
9. There's a Place for Us
10. We Wait and We Wonder
11. Please Come Out Tonight


Rellum
La décennie ’80 aura été marquée par la présence de trois grosses machines à tubes, caracolant en tête des hits et se remplissant allègrement les poches au passage ; il s’agit de M. Jackson, de Madonna et de Phil Collins. Ces trois artistes sont en effet, fin des eighties, les plus gros vendeurs de musique pop-rock.

Phil Collins, chanteur de Genesis, s’est rapidement imposé comme un artiste majeur de l’époque. Après avoir sorti 4 albums, dont 3 majestueux (« Hello, I Must Be Going » est un peu moins bon que les 3 autres), Phil se sent mal en 1992 ; il se sépare de sa deuxième épouse et il voit le monde autrement; écologie, politique, problèmes sociaux,… Bref, des questions existentielles se bousculent dans sa tête, et de plus, il pense sérieusement à se libérer de Genesis ; choix crucial s’il en est (il réfléchira une année entière avant de faire connaître sa décision aux autres membres du groupe).

Dès lors, il se met à composer dans la morosité, et cette ambiance terne, se ressent immédiatement dans son 5ème album « Both Sides ». Les plages sont longues, très longues, trop longues ; elles avoisinent généralement les 6 à 7 minutes. Elles sont aussi et surtout monotones, sans relief, tristes et pénibles à écouter jusqu’au terme. Seuls « Survivors » et « We Wait and We Wonder » épicent un peu le plat fadasse que Phil Collins nous sert cette année-là. Bien sûr, il en sortira quelques hits mineurs : « Can’t Turn Back the Years » « Can’t Find My Way Home » et « Everyday » traceront leur route dans les hits parades, mais ceux-ci ne tiennent vraiment pas la comparaison vis-à-vis de la qualité musicale des hits précédents de Phil Collins.

« Both Sides » est donc un album introspectif et méditatif, mais cela n’est pas incompatible avec un peu de couleur, de peps, de changements de rythmes. Malheureusement, rien de tout ceci n’émerge ; on a l’impression de réécouter sans cesse le même morceau monocorde, linéaire, lancinant, insipide, interminable et lamentablement plat. Pour couronner le tout, il y a cette pochette, horrible, comme toutes celles des albums de Phil Collins d’ailleurs (la meilleure étant sans doute celle de la BOF de Tarzan, c’est tout dire !!!).
Cet album marque, à mon avis, une fracture dans la carrière de Phil Collins, serait-ce la crise de la cinquantaine ? Phil Collins a-t-il voulu en faire trop ? Sur cet album, il joue de TOUS les instruments, il en est également le producteur. Il enregistre cet album dans son studio personnel et le mixe en partie au studio « The Farm » de Genesis.

En conclusion, un album pour fans inconditionnels, mais à rejeter au plus vite pour les amateurs de Genesis ou du Phil Collins de la grande époque dont je fais partie.

2014-02-23 17:16:34