DHT06 : 14/20 | L’ironie est-elle un art ? Le ton optimiste d’ « Age Of Consent », une réussite dans sa maîtrise de la dualité entre instruments rock et synthétiseurs, semble indiquer le deuil de Joy Division et l’envie d’aller de l’avant, de passer à autre chose. Mais la voix encore trop aigüe s’accorde mal avec un titre lent et sombre comme « We All Stand ». Elle aurait pu s’accorder avec « The Village », davantage dans la lignée du morceau d’ouverture. Elle aurait pu, à condition de sonner juste. S’émanciper de la période précédente oui, attention à ne pas sombrer dans le ridicule. New Order, à l’époque, se cherche encore. Les bribes sonores des deux premières minutes de « 586 », alter ego de « Blue Monday » dans le corpus de l’album, montrent en effet une hésitation. Concernant « Blue Monday », il est ironique, puisque la question de l’ironie a été soulevée, que l’un de leurs plus gros succès, chanson typique du son dépouillé des années 1980, se situe à la périphérie des autres titres (à moins que ce ne soit l’inverse), menant sa propre existence, avec un chant plus grave et mieux posé. On pourrait dire la même chose de « Confusion », également abouti dans son intégration du funk, avant de clore la parenthèse. Le deuxième temps fort après « Age Of Consent », c’est « Your Silent Face », qui dévoile simplement la beauté de la tristesse. Dommage qu’ « Ultraviolence », juste après, soit si mal interprété. On en vient même à se demander s’il n’aurait pas mieux valu que le disque restât instrumental, suivant l’exemple d’ « Ecstasy », agrémenté de quelques paroles robotisées. Et que dire de « Leave Me Alone » ? « Power, Corruption & Lies » est déconcertant, à la manière de l’ironie, à la manière de l’art. Il est rare, dans leur discographie, que le meilleur et le pire s’y côtoient avec une telle régularité, avec une telle intimité surtout. On dira que le meilleur l’emporte de justesse.
D. H. T. 2017-09-03 17:42:48
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