Le virage new wave était de plus en plus audible et voilà qu’en 1981, les
Stranglers font une entrée ostensible dans ce genre, abandonnant définit
IVement la furie de leurs racines punk d’origine. Faut-il pourtant considérer ce changement de cap comme une trahison? Bien au contraire, à l’instar de beaucoup de groupes post-punk de l’époque, la pop ne s’immisce pas (ça viendra hélas) et la présence des claviers très manzarekiens contribue au résultat très original.
Non Stop Nun ouvre l’album sur une note naïve et un chant parlé rappelant
Lou Reed, puis des influences électroniques accentuent ce côté robotique sur Everybody Loves You When You’re Dead, un comble de cynisme sur un fond musical à la fois futuriste et mélodique. Tramp fait un petit retour vers la puissance punk, en restant new wave dans l’âme, et surtout en proposant un refrain des plus efficaces, tout comme le délicieux Pin Up, dont le son techno se marie à merveille avec les accents post-punk. Globalement chaque titre est une réussite, mais celui qui attire le plus l’attention par son originalité est sans doute
Golden Brown, rappelant un peu Wintertime Love des Doors par son côté valse, et en effet c’est bien une valse que le claviériste joue, soutenu par un chant des plus envoûtants.
En su
IVant le cours du mouvement post-punk, les
Stranglers restent à jour et offrent un vrai récital du genre, pas encore pollué par les déchets pop qui su
IVront et laissant un bon gout d’alternatif dans les oreilles, avec des claviers mêlant judicieusement le style Doors à l’electro allemande de
Kraftwerk ou la new wave de
Simple Minds. Seule la presse parait, comme d’habitude, insensible à une telle réussite artistique, liquidant sans pitié l’album, ce qui a sans doute eu une influence négat
IVe sur les
Stranglers qui se sont probablement sentis sous-pression et ça expliquerait des dérapages tels
Always The Sun en 1986.