Voici le dernier chapitre de la trilogie, le plus noir, le plus violent celui qui effraya les critiques anglais de l'époque, extirpé des entrailles du groupe comme une tumeur.
Pornography est la rencontre du feu et de la glace, de l'individu désabusé et de ses sentiments les plus noirs. A peine l'intro apocalyptique de "One Hundred Years" entamée et Robert Smith déclame "It doesn't matter if we all die". Le sont est rêche, granuleux, tout se perd dans un écho infernal, les guitares dissonantes, la basse fantomatique et cette batterie qui se contente de marteler des rythmes tribaux et martiaux.
Furieux et fulgurants (One Hundred Years, Hanging Garden) ou lents et glaciaux (The Figurehead,
Cold) chacun des morceaux semble s'enfoncer pour atteindre le point de non retour. La lumière d'espoir de A Strange Day, sera bien vite oubliée après l'enchaînement de
Cold et du final
Pornography, hymne bruitiste au mal être où la voix furieuse de Robert Smith se perd dans un écho inutile au milieu d'une spirale de violence et de haine.
Et lorsqu'enfin dans un dernier souffle il hurle "I must fight this sickness, find a cure" on sait que le groupe a touché le fond et vient de tourner une page de son histoire.