Faith, deuxième album de la trilogie glaciale entamée un an plutôt par
The Cure. Souvent oublié par de nombreux fans et les critiques qui se focalisent davantage sur
Seventeen Seconds et
Pornography,
Faith est en réalité le centre de la trilogie, l'album sans lequel celle ci n'aurait aucun sens.
Faith reprend les choses là où s'était arrêté
Seventeen Seconds.
A peine la première minute de The Holy Hour écoulée que nous sommes déjà en terrain conquis. Mais voilà , il y a quelque chose en plus une ambiance beaucoup plus pesante, une ambiance froide et "gothique" comme si le groupe écrivait son requiem avant de déverser la fureur de
Pornography. Alors que l'on croyait le groupe résigné à entonner sa marche funèbre après ce premier morceau, voilà que débarque Primary et son riff punk noyé dans la brume dans lequel Robert Smith scande "Please Don't Change".
Faith porte ainsi en lui tous les doutes et les tourments du groupe comme s'il savait qu'il ne pouvait plus faire marche arrière dans sa descente mais qu'il se mettait à craindre ce qui l'attendait.
Ainsi l'on alterne avec "The Funeral Party", un slow désespéré aux allures de marche funèbre romantique et "Doubt" un titre furieux résumant les doutes qui hantent le groupe.
Puis quand résonnent les dernières paroles de "
Faith" où Robert Smith déclame dans un dernier écho que "Rien n'est parti à part la foi" on sait que le groupe a erré pour chercher sa rédemption dans cette cathédrale fantomatique (celle sur la pochette) en vain...