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Chronique
 | note : 19/20 | La tournée triomphale de "2112" qui permettra à Rush de sortir le live "All The World's A Stage", clôturera la première partie de la grande saga du groupe. C'est donc avec "A Farewell To Kings", que les choses sérieuses vont commencer.
Pour la première fois, le trio s'installe à temps plein dans un studio hors de son pays, le Rockfield in Wales en Angleterre. C'est une expérience très enrichissante pour eux et ça se ressent quand on écoute ce chef d'oeuvre. Les parties acoustiques sont enregistrées dans la nature (Ah... La fraîcheur des campagnes anglaises...) pour capter la résonance extérieur. En tendant l'oreille, on peut entendre à plusieurs reprises le chant des oiseaux.
L'autre nouveauté intéressante réside dans l'utilisation de guitares à double manche. Pour la petite histoire, Alex Lifeson était à l'époque un grand fan de Jimmy Page (Led Zeppelin) et avait vue que le bonhomme utilisait une double manche avec 6 et 12 cordes. Du coup, il s'en ai fait faire une et Geddy Lee sûrement un peu jaloux, à fait de même. On peut donc les voir parader avec leurs instruments respectifs sur 80% des photos de l'époque. Il faut préciser que la Rickenbacker double manche de Geddy Lee est la première de l'histoire est a été conçu spécialement pour lui à Los Angeles. Un manche de basse couplé avec un manche de guitare à 6 cordes qui lui permettait de jouer la rythmique pendant une partie du titre Xanadu sur lequel je reviendrais plus tard.
Bon, voilà donc nos amis en Studio, prêt à en découdre ! A la production, nous retrouvons toujours le magicien Terry Brown qui réalise une fois de plus un travail remarquable. Il arrive à donner au groupe une couleur, un son, un univers qui flirt entre Led Zeppelin et Yes. Le son est impeccable, très équilibré et assez acoustique. Tout les titres sont composés sur des guitares sèches et cet instrument est omniprésent durant tout l'album.
Le titre d'ouverture "A Farewell To Kings" commence d'ailleurs par une intro à la guitare classique qui bien vite s'étoffe de synthétiseurs et de percussions. Quand soudain tout le groupe met la sauce (s'électrise) on s'aperçoit que depuis "2112" un long chemin a été parcouru. Le son de Rush est né ! La maturité dans la composition et l'aisance d'éxecution dans les parties complexes font mouche. Le passage instrumental est un cas d'école avec une "tournerie" basse/batterie sur laquelle vient se greffer la guitare. Ce schéma sera réutilisé bien des fois par la suite et on le retrouve par exemple sur "Cinderella Man" ou plus récemment dans "Freewill" ("Permanent Waves") par exemple. "A Farewell To Kings" est un bon titre assez représentatif de l'ensemble de l'album mais loin d'être le meilleurs.
"Xanadu" qui prend la deuxième place dans la playlist est un des meilleurs titre du groupe. Une intro planante avec des cow bells (sorte de percussions en forme de cloche en bois) et des Tubular Bells, du synthé aérien et une guitare toute en finesses qui joue constamment sur le volume. L'arrivée réelle des instruments est magnifique, c'est une démonstration de breaks, de descentes de batterie et de percussions ou chaque instrument a sa place. Mais ce n'est pas juste de la démonstration technique, il y a une finesse et un feeling ahurissant. La "Rush touch". Chaque musicien à un jeu très personnel. Geddy Lee et sa Rickenbacker au son particulier sort des plans virevoltant, Neil Peart joue avec les rythmes, surprend, réinvente la batterie et Alex Lifeson plaque des accords étranges et décallés sortis de la quatrième dimension. Pour tout dire, l'introduction dure 5 minutes et c'est un vrai bonheur. Le texte fait référence au Poème Kubla Khan du poète Samuel Taylor Coleridge. Pour faire court, je dirais juste que la partie chantée est aussi bonne que l'introduction, avec une très belle mélodie et une structure qui reste complexe. Du grand art !
Le tube de l'album est évidemment "Closer To The Heart" qui fut 36ème dans les charts anglais en 1978. Cette ballade très bien écrite et très accessible, a la particularité de monter en intensité du début à la fin.
"Cinderella Man", titre mésestimé de l'album est vraiment superbe. Le refrain accrocheur très réussi et le passage instrumental (dont j'ai parlé plus haut) rendent cette chanson incontournable. Je ne me lasse pas de la ligne de basse sur le chorus de guitare. Geddy Lee y démarre tranquillement puis ajoute de plus en plus de notes pour terminer sur un groove à la Jaco Pastorius. j'adore !
Comme sur chaque album, Rush nous offre sa petite chanson nostalgique et reposante. C'est donc le superbe "Madrigal", touchant et mélodieux qui nous bercera cette fois-ci. Mais le dernier gros morceau arrive : "Cygnus X-1 : Book 1". Certains se demanderont : "Pourquoi Book 1 ?" et je leur répondrais simplement : "Parcequ'il y a une suite !". A l'instar de Dream Theater qui s'inspirèrent de leur titre "Metropolis" pour créer un concept album "Metropolis Part II : Scenes From A Memory", Rush écrivit "Cygnus X-1 : Book 1" qui sert d'introduction à l'album suivant "Hemispheres" (1978). Bon, autant le dire tout de suite, ce morceau est une tuerie absolue ! Pas de couplet ni de refrain ici mais un véritable voyage dans l'espace. Les amateurs d'Ayreon peuvent être sûr que le géant Arjen Lucassen a dû écouter ça un paquet de fois (confirmé dans un échange de mail que j'ai eu avec lui). Je fais içi référence à plusieurs groupes actuels car l'influence de Rush et notamment de titres comme "Cygnus X-1" est évidente. En 1977, aucun groupe de rock n'avait écris un truc pareil. Je vais donc détailler :
Après une petite introduction avec des ambiances de synthés et percussions, ou une voix spaciale explique l'histoire, une basse surgit de l'autre bout de la galaxie et s'approche progressivement. Le son de Geddy Lee est agressif et cristallin et quand il est sur nous, Neil Peart vient se superposer alors qu'Alex lifeson en rajoute encore un couche. Tout ça donne une espèce de rythmique jazz-rock progressive qui évolue vers une suite de breaks et de descentes de batterie incroyable. Une sorte de puissance tragique et violente jaillit de ce maelstrom. Et c'est là que je me rend compte que c'est difficile de décrire de la musique. Ce titre n'ayant pas une structure habituelle, il s'écoute d'une traite. Le texte raconte l'histoire d'un homme qui, à bord de son vaisseau spatial "Rosinante" se fait aspirer par un trou noir. Sur "Hemispheres" (1978) qui fait office de suite, le titre traitera de la dualité qui existe entre les deux hémisphères de notre cerveaux.
Je n'ai pas mis 20/20 à cet album car rien n'est parfait en ce bas monde, mais il est vraiment impressionnant pour peu que l'on soit ouvert et sensible à la créativité. Ne pas oublier non plus en écoutant que nous avons à faire à un trio.
Avec ce disque, Rush nous offrent un bijou de modernisme et d'exploration musicale. Ils signent un disque de caractère, inspiré et novateur.
Tout amateur de rock devrait écouter au minimum "Xanadu" ou "Cygnus X-1 : Book 1". Quand aux musiciens, je pense que cette écoute devrait être obligatoire !
A Farewell To Kings" est tout simplement un album... ROYAL !
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Dimanche 29 Juin 2008 |
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Chronique
 | note : 19/20 | Après l'incontournable "A Farewell To Kings", Rush s'attaque à la lourde tache d'écrire une suite à la hauteur des espérances de ses fans. Composé intégralement en studio en Angleterre, le groupe doit s'initier au nouveau matériel (exclusivement des synthétiseurs) afin d'expérimenter encore et toujours. Durant les sessions de studio, Rush décident d'enregistrer tout les titres en prise direct afin de pouvoir les reproduire à l'identique en concert. Cette formule sera répétée jusqu'à l'arrivée en 1985 de Peter Collins, leur futur producteur. Pour l'heure, c'est Terry Brown qui est aux commandes et le son reste unique à ma connaissance. A ce propos, beaucoup de musiciens se demandent comment avoir la classe. La réponse est dans cet album. On reproche souvent à Rush d'être prétentieux, de faire une musique compliquée et hermétique mais en réalité personne ne décide de son intelligence ni de sa créativité. "Hemispheres" est un disque à part, décalé autant dans son concept que dans la musique elle-même. C'est une oeuvre artistique au sens propre du terme. C'est ça avoir la classe.
"Cygnus X-1 Book II" et une suite conceptuelle qui faisait la totalité de la première face à l'époque du vinyl. Elle raconte la fin de l'histoire commencée sur l'album précédent "A Farewell To Kings" ou nous suivions un personnage propulsé à l'intérieur d'un trou noir. Ici, Neil Peart (batteur et parolier) décris les conflits qui existent entre les deux Hémisphères du cerveau humain. Il s'inspire de la mythologie grec pour créer un parallèle entre l'évolution des religions et la dualité universel du bien et du mal. Toujours très influencé par la philosophe Ayne Rand, cette fable philosophique trouvera son équivanlent social dans "The Trees", un titre de référence de Rush. Dans celui-ci, c'est la lutte fratricide qui sévit entre les chênes et les érables qui sera le sujet central. Les uns cachant la lumière des autres, personnifiera la lutte des classes dans les sociétés humaines. Mais la conclusion viendra du bûcheron qui abattra tout ces arbres dans une justice divinement concrète. Egalité pour tous !
Venons-en à la musique. Toujours au top, le trio se surpasse ici. Chacun apporte un équilibre indispensable à la cohésion du son. La guitare tantôt en arpèges tantôt en accords et aussi aérienne que puissante. La batterie est incroyable. Les contretemps sont légions et la finesse des rythmes fera bien des émules, Mike Portnoy (Dream Theater) en est un exemple. La basse est d'une précision parfaite. A ce stade, Rush n'a plus d'autre alternative que d'écrire un titre instrumental MONUMENTAL : "La Villa Strangiato". Prévu originellement pour durer 40 minutes, celui-ci sera raccourcit sous les pressions de la maison de disque. Ca n'empêche que ce morceau est INCONTOURNABLE pour tout amateur de rock. On comprend grâce à lui toute l'évolution d'un pan du Metal prog et technique. En 1978, Rush était déjà capable de rivaliser avec ce qui se fait de mieux 30 ans plus tard. Alors ? C'est quoi avoir la classe ?
C'est sur la tournée "Hemispheres Tour" que Rush annoncera son premier passage en France. Malheureusement la date sera annulée suite à l'incendie de la salle. Etonné ? Non pas vraiment car encore aujourd'hui de nombreux groupes passent partout en Europe sauf dans notre beau pays qui est tout sauf Rock & roll. Le trio jouera notamment avec Toto, Saxon, Pat Travers, UFO, Blackfoot... Pendant la tournée Alex Lifeson (guitare) étudiera des manuels de pilotage d'avion et il obtiendra sa licence. L'album sera certifié disque de platine (1 million d'albums vendus).
"Hemispheres" est un OVNI dans le petit monde du rock, tout comme Rush à cette période de sa carrière. Ils nous offrent ici un disque si personnel qu'on ne peut citer aucune référence musicale proche de cette production à part eux-même. On ne dit pas "Rush ressemble à tel groupe" mais : "Tel groupe ressemble à Rush". Aucun doute qu'avec un album pareil, le trio parvient à se hisser au rang d'artiste. Tout le monde ne peut pas en dire autant. C'est la grande classe quoi !
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Dimanche 29 Juin 2008 |
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