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Liste des groupes Rock Alternatif REM Automatic for the People
CD, date de parution : 12 Octobre 1992 - Warner Music Group
Style: Rock Alternatif

NOTE SOR : 15/20
Toutes les notes : 17/20 Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
1. Drive
2. Try Not to Breathe
3. The Sidewinder Sleeps Tonite
4. Everybody Hurts
5. New Orleans Instrumental No.1
6. Sweetness Follows
7. Monty Got a Raw Deal
8. Ignoreland
9. Star Me Kitten
10. Man on the Moon
11. Nightswimming
12. Find the River

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8 avis 1 17/20
Chronique
18 / 20
    Mr4444, Dimanche 03 Juin 2012 parlez-en à vos amis  
Une musique tour à tour onirique, radieuse, sombre et mélancolique. Le chef d'oeuvre de REM.

« L’album évoque le difficile passage à la trentaine, le monde dans lequel nous évoluions avait disparu, celui de Hüsker Dü et des Replacements, tout s’était évanoui… L’endroit était subitement devenu… différent » - Peter Buck, guitariste de REM.

« Out of Time » a créé un séisme musical que le groUpe n'avait même pas osé imaginer à sa sortie. Onze ans après la création de Rapid Eye Movement (qui désigne les mouvements de l'œil d'une personne endormie dont le rêve commence, abrégé ainsi en REM) et six albums à succès aux Etats-Unis, le septième fut le bon pour le quatuor qui aura vu sa popularité exploser mondialement suite aux succès de cet album, bien aidé par le duo « Losing My Religion » et « Shinny Happy People ».

Mais au-delà du succès, l’album a laissé un sentiment étrange… Une sensation amère d’une facilité d’accès trop importante. Non pas que le groUpe était réputé pour des compositions extrêmement complexes, mais sur « Out of Time », c’est bien trop flagrant. Trop de titres sonnent et sentent la vulgaire pop commerciale à plein nez. C’est d’ailleurs sans doute ce qui a entraîné le succès, succès planétaire comme annoncé plus haut. Mais succès qui a surtout son énorme revers.

Car, faire suite à un album devenu culte est d'une difficulté sans nom. Les tournées à rallonge que le groUpe s'impose pour défendre son petit protégé, la dépression dans laquelle plonge le guitariste Peter Buck ne font que rendre cette tâche de trouver une orientation nouvelle plus compliquée encore. Mais c'est finalement au gré de cette force négative que Michael Stipe va trouver et puiser l'inspiration. Inspiration qui va faire d’« Automatic for the People » l'album le plus noir et le plus mélancolique du quatuor.

Un immense sentiment de tristesse émanera des compositions (et de la pochette, étrangement sobre) de ce huitième album, tristesse portée par le hit planétaire qu'est « Everybody Hurts » (dont la légende dit que ce titre aurait bercé les dernières heures de Kurt Cobain). « Automatic for the People » traite bien souvent de la mort dans différents états et vers différente personnalité (comme l'humoriste Andy Kaufman sur le titre « Man on the Moon », qui servira en 1999 pour le film du même nom et joué par Jim Carrey). Avec son nombre incroyable de six singles (pour douze titres), il demeure à ce jour l'album le plus représenté du groUpe. Du côté des statistiques, l'album se classera n°2 aux États-Unis, plusieurs semaines n°1 au Royaume-Uni et sera vendu à plus de quatre millions d'exemplaires. Sans doute pour ne pas replonger dans le négativisme qu'ont engendré les multiples représentations en l'honneur d' « Out of Time », REM décida de ne pas partir en tournée pour représenter ce huitième opus.

Les six singles qui ont eu l'honneur de représenter cet album à travers le monde brillent par leurs diversités. Le titre d'ouverture « Drive » en est l'un d'eux. Tout en progression, il laisse déjà la part belle à une émotion prononcée par une basse toute en ronflement et la guitare acoustique de Peter dont le passage à l'électrique se fera d'une bien belle manière. Le chant de Michael y apparaît sobre, triste, calme... Déjà sur ce titre, des cordes se font entendre, comme sur le disque précèdent à la différence qu'elles sonnent ici bien plus naturelles. Le professionnalisme se ressent et c'est avec le sourire que l'on accueille de cette manière l'ex-bassiste de Led Zeppelin John Paul Jones, qui signera ainsi les arrangements aux cordes de ce disque.

Parmi les singles, on trouve naturellement des titres un peu plus rock. « The Sidewinder Sleeps Tonight », aux montées vocales un peu hystériques et à la mélodie calibrée pour les passages radio a la chance d'être quand même bien plus subtile musicalement et vocalement que « Shinny Happy People ». On retrouve également le morceau-hommage « Man on the Moon », entre émotions contenues sur les coUplets, chant et chœurs sur les pré-refrains et quelques choses de plus énergique sur les refrains, bien emmené par les variations au niveau des sonorités des guitares, essentiellement acoustique. La basse, une fois de plus, s'en sort avec les honneurs d'un son efficace et profond.

Mais malgré cela, il est bien évident que c'est sur ses ballades diverses et variées que le groUpe va tenter de s'imposer, car oui, cet album est composé quasiment intégralement de ballades. De ballades de très haut niveau. Je commencerai volontairement par « Nightswimming », très minimaliste. Un piano mélancolique, un chant aérien et planant, quelques cordes intelligemment disposées. Rien de plus et l'émotion passe naturellement. « Find the River », qui clôture l'album, est également tout en retenue, son harmonica, sa guitare sèche et le chant toujours autant bourré d'émotion. Un titre magistral pour terminer cet album, sans surplus ni fioriture. Il reste évidemment le single chef-d’œuvre, celui qui a continué à propager les ondes REM sur l'ensemble de notre planète bleue. Ecrite comme une réaction à une vague de suicides parmi les jeunes dans les années 90, ce titre transpire l'émotion du début à la fin, toujours aidé par ce minimalisme musical, « Everybody Hurts » s'impose avec la manière. Tout y est ajusté à la perfection ici, les quelques notes acoustiques et électriques de la guitare, la batterie en retenue, la basse ronde, les cordes pour la tristesse et quelques notes de piano disposé à bon escient. La voix magistrale de Michael… Des frissons.

Le principal souci d' « Out of Time » était ses singles qui prenaient toute la place et qui ont bien aidé à faire passer le reste des titres du disque pour du remplissage. Ici que nenni ! Les autres titres ont également leurs cartes à jouer. Que ça soit l'expérimentation instrumentale « New Orleans Instrumental No.1 », uniquement aux instruments classiques pour offrir un court moment symphonique, la très country « Try Not to Breathe », véritable ode aux voyages dans les contrées désertiques américaines, la plutôt Rock « Ignoreland » où la guitare électrique omniprésente ainsi que la batterie rapide et furieuse prendront l'initiative de vous sortir de l'état mélancolique propagé par ce disque, mais aussi les toujours très mélancolique « Sweetness Follows » (guitare grave et chant presque solennel de Michael) et « Star Me Kitten » (excessivement lentes, accompagnés de chœurs et toujours de ce minimalisme musical qui sied si bien à l'ensemble). Seul « Monty Got a Raw Dead » sera légèrement en dessous avec sa mélodie déjà entendue et rapidement téléphonée, même si évidemment très agréable.

Le voilà, le chef-d’œuvre de REM. La musique nous fait passer par tous les états. Tour à tour onirique, radieuse, sombre, mélancolique, le groUpe se sépare ainsi de tout le sUperflu dont « Out of Time » était rempli à bien des niveaux pour atteindre les sommets du Rock émotionnel et sentimental. On comprend ainsi davantage le message de Peter Buck délivré au début de cette chronique : la joyeuseté quelque peu naïve d' « Out of Time » disparaît pour laisser place à une plus grande « maturité » (difficile de vraiment parler de maturité pour un groUpe qui a alors douze ans et huit albums studio...). Un album résolument fantastique que tout bon rockeur se doit de posséder. Un must intemporel.




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